altLettre ouverte au président de la république Moncef Marzouki, qui vient de critiquer le parti islamiste Ennahdha, son allié au pouvoir.

Par Aida Bouchadakh*


Monsieur le président, comme c’est extraordinaire.

Vous-vous permettez de dénigrer publiquement la politique du gouvernement issu d’une coalition dont votre propre parti, ou du moins ce qui en reste, fait partie...

Je m’attendais à quelques difficultés que vous résoudriez en toute discrétion afin de faire avancer la Tunisie sur la voie de la démocratisation.

Je m’attendais à ce que vous vous concertiez avec le Premier ministre en dehors de tout tapage médiatique et vous parliez d’une même voix.

Je m’attendais à ce que vous exigiez des portefeuilles d’envergure lors de la mise en place du gouvernement.

Je m’attendais à un contrepoids discret et efficace...

Ce fut un électron libre à laquelle nous avons eu droit... sans vision et sans envergure. Quelle déception!

L’obsession du pouvoir suprême est-elle tellement importante qu’on est prêt à toutes les compromissions pour l’acquérir et à toutes les trahisons pour espérer le garder?

Les discours creux et les gesticulations intempestives n’ont pas de place sur la scène publique quelle soit nationale ou internationale.

Ce triste épisode a l’avantage de mieux vous faire connaître auprès de vos électeurs ainsi que de vos partenaires.

Cette instabilité, nous n’avons que faire. Nous avons besoin plus que jamais d’une force tranquille ancrée dans la réalité tunisienne.

Aujourd’hui plus que jamais, le besoin d’un président élu au suffrage universel se fait sentir, un président connu et reconnu par la grande majorité des Tunisiens pour pallier à toute erreur de casting.

Seule l’onction du peuple peut donner au président la légitimité nécessaire à l’exercice du pouvoir dans le cadre de ses prérogatives et faire de lui non pas un simple politicien mais un homme d’Etat au sens propre du terme.

* Nationale Suisse (comptabilité générale), Bruxelles, Belgique.

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