Il n’y a pas encore de chiffres officiels, mais Ramadan semble enregistrer une hausse des accidents de la circulation. Ce constat est partagé par la majorité des automobilistes, qui observent quotidiennement les dégâts causés par les carambolages.


 

Les états de fatigue et de nervosité liés au jeûne et aux longues veillées du mois sacré musulman provoquent-ils une recrudescence des accidents de la circulation?

Une étude-diagnostique de l’ensemble d’accidents enregistrés entre 1998 et 2003, réalisée par l’Observatoire nationale de la circulation (Onc), montre que les accidents enregistrés durant le mois du jeûne sont généralement plus graves et font encore plus de victimes que la moyenne de l’année.
L’étude montre aussi que les accidents «très graves», dont la moyenne annuelle est estimée à 11,23%, atteignent un taux de 12% durant Ramadan. Elle montre également que les heures de la journée enregistrant le plus d’accidents se situent, durant le mois de jeûne, entre 5 et 6 heures du matin, et en fin de l’après midi. Dans les deux cas, les conducteurs sont fatigués et, de surcroît, pressés de rentrer chez eux pour le «s’hour» (dernier repas avant le jeûne) et la rupture du jeûne.
Autre indicateur important: l’alcool disparaît de la liste des 5 principales causes d’accidents de la route durant Ramadan, cédant la place à la fatigue et à la somnolence, états dus à la faim et au manque de sommeil.

En été, la canicule accentue ces deux dangers, sachant que des températures avoisinant les 36°C, comme celles enregistrées depuis le début de Ramadan, engendrent les mêmes difficultés de réaction chez une personne qui conduit que si celle-ci a un taux d’alcoolémie égal à 0,5 g par litre de sang.
Comme quoi, il y a une sorte d’«ivresse de l’été» dont il convient de se prémunir pour éviter que les effets conjugués de la canicule, du jeûne et du manque de sommeil ne se transforment en une bombe à retardement sur les routes.

Y. M.