Mohamed Morsi et Moncef MarzoukiL’ex-président provisoire de la république Moncef Marzouki a dénoncé la condamnation à mort, samedi 16 mai 2015, de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi.

Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, M. Marzouki a appelé les autorités égyptiennes «à la raison» et à «mettre fin à des choix qui pourraient avoir des conséquences néfastes sur l’Egypte».

L’ex-président provisoire tunisien a demandé aux autorités égyptiennes de «ne pas mettre à exécution de la condamnation à mort de l’ex-président Morsi et des opposants politiques» et d’opter pour «une politique de réconciliation nationale, seule susceptible de garantir la paix sociale en Egypte.»

M. Marzouki a ajouté qu’il va appeler les dirigeants politiques et les militants des droits de l’homme dans le monde arabe et dans le monde entier à «se mobiliser pour la préservation de la vie des Egyptiens.»

Moncef Marzouki, qui fut dans une autre vie un fervent intellectuel laïc fermement opposé à l’islam politique, s’est rallié, au lendemain des élections d’octobre 2011 en Tunisie, aux islamistes d’Ennahdha et est devenu un grand défenseur de la confrérie des Frères musulmans en Egypte. Ayant été abandonné, entre-temps, par son électorat «naturel» (les démocrates de gauche), qui n’a pas apprécié (c’est un euphémisme) son opportunisme politique et ses alliances douteuses, il multiplie, aujourd’hui, les appels du pied en direction des islamistes, et notamment les extrémistes d’entre eux et les déçus par Ennahdha, pour se reconstituer une nouvelle base électorale.

Moncef Marzouki reçu par Mohamed Morsi au Caire peu de temps avant la destitution du président égyptien.

Moncef Marzouki reçu par Mohamed Morsi au Caire peu de temps avant la destitution du président égyptien.

Dans cette démarche au succès incertain, M. Marzouki est soutenu par l’émirat du Qatar, qui offre un grand soutien aux extrémistes islamistes dans toute la région pour des raisons n’échappant qu’aux personnes atteintes de cécité politique: empêcher l’avènement de la démocratie dans le monde arabe en développant dans la région le virus de l’extrémisme religieux, seul moyen pour retarder le renversement – à terme irréversible – des monarchies moyenâgeuses en place dans la région du Golfe.

L’alliance d’un pseudo-démocrate appelé Marzouki avec de telles monarchies arriérées est pour le moins surprenant et ne peut s’expliquer par un opportunisme crasse ne reculant devant aucune compromission.

I. B.

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