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Aux urnes Tunisiennes et Tunisiens !

22

septembre

2011

à 08:34

Nejib Tougourti écrit – N’écoutez-pas les oiseaux de mauvais augure et ne cédez pas aux fauteurs de troubles. Votez utile, votez massivement ! L’heure de la liberté a sonné.

A l’approche des élections, une ambiance de journées studieuses règne sur le pays. Quelques chahuteurs, mauvais élèves, essayent de perturber, sans y arriver, les dernières révisions des candidats aux élections du 23 octobre.

Il s’agit, en fait, du premier examen pour tous les Tunisiens qui permettra de tester leur conception du pouvoir, leur sens de la nation, leur capacité à analyser et à réagir à la situation socio-économique et politique complexe, qu’ils vivent actuellement, au lendemain de la révolution.

Un peuple mûr, responsable et épris de liberté

La propagande officielle a, depuis l’indépendance, façonné, avec une grande hypocrisie, une image flatteuse de la Tunisie et des Tunisiens, décrits comme étant intelligents, tolérants, rationnels, ouverts, modérés et pacifiques.

Le pouvoir, cependant, se comportait, dans les faits, avec un grand mépris pour la population, adoptant l’attitude des anciens colons, qui considéraient les autochtones comme un ensemble d’indigènes, insignifiants, incultes et fainéants, incapables de bâtir une société moderne, de construire un Etat indépendant et, a fortiori, de mener, à terme, une expérience démocratique basée sur le respect des libertés et des droits individuels.

Pendant plus de soixante ans, les anciens responsables du pays ont maintenu ce jugement sur les Tunisiens et ont opposé les mêmes arguments fallacieux, pour justifier la dictature et l’arbitraire, en prétendant que le peuple n’était pas mûr pour la démocratie et risquait de faire un mauvais usage des libertés qui précipiterait le pays dans l’instabilité et le chaos. Pendant plus de soixante ans, sous les prétextes, variés, de la priorité au développement du pays et son essor économique, du chef exceptionnel, infaillible qui n’a pas besoin d’être élu et ne peut être remplacé, de l’extrémisme religieux et ses dangers, du terrorisme et de la crise économique mondiale, on a opposé une fin de non recevoir à toutes les revendications et actions pour une meilleure gouvernance et le respect de la volonté du peuple et de sa souveraineté, qui ne peuvent s’exprimer que par le biais d’élections transparentes et libres.

De nombreux nostalgiques des sombres années du culte de la personnalité, du parti unique, de la répression, de la spoliation des droits et des libertés, tentent, aujourd’hui, de faire échouer le rendez-vous électoral et d’apporter la preuve, irréfutable, que la population n’a pas encore atteint l’âge légal de la majorité ni développé toutes les aptitudes nécessaires pour adopter, sans risques, un système démocratique, pleinement fonctionnel.

Des Tunisiens œuvrent, secrètement, pour faire avorter la transition démocratique, étant hostiles à l’avènement, attendu, de la démocratie et redoutant ses conséquences néfastes sur leurs privilèges, abusivement acquis, sous les anciens régimes. Ils ne veulent pas d’un peuple fier et libre, souverain, maître de sa destinée, respectueux de ses institutions, alerte et vigilant, veillant à la défense de ses intérêts. Ils ne veulent pas de nouveaux dirigeants investis par les urnes, forts de leur légitimité, réellement représentatifs, qui mettront, rapidement, un terme à un ensemble de commerces juteux et de filières lucratives illicites, de pratiques illégales, diverses, qui ont eu pour résultat de dilapider les ressources du pays, corrompre son administration, ruiner son économie, affamer son peuple, augmenter sa dépendance vis-à-vis de l’étranger et freiner son développement.

Les manœuvres des ennemis de la révolution

Depuis la révolution, certaines forces occultes, de véritables cinquièmes colonnes, sont à l’œuvre sur tout le territoire, menant une sournoise campagne ayant pour but de dénigrer le peuple, ternir son image, le faire douter de ses capacités, de son unité et de sa force tout en fomentant des troubles dans différentes régions, en semant la zizanie entre des villages voisins, en provoquant des arrêts de travail monstres et des blocages de route. Elles poussent la perfidie jusqu’à dénoncer dans les medias, la gabegie, le désordre, le débordement et l’insécurité qu’elles ont créés, mettre en cause le comportement peu civique et indigne d’une population, encore immature, qui, laissent-elles entendre, ne peut être gouvernée que d’une poigne de fer et au prix d’un sacrifice des libertés et des droits individuels.

L’épouvantail de l’extrémisme religieux est, aussi, brandi à toute occasion. Les Tunisiens seraient sous l’emprise totale de quelques fanatiques, salafistes et autres islamistes, non moins dangereux. On exagère leur influence. L’exercice de la démocratie, aboutirait, fait-on croire, à la prise du pouvoir par des illuminés qui ne manqueront pas de rétablir la polygamie, maltraiter les femmes, les obliger à porter le voile, les priver de travail et les empêcher de garder la tutelle de leurs enfants.

Les Tunisiens, hommes et femmes, ont, en réalité, fait preuve, tout le long de ces derniers mois de transition, d’une grande maturité et de beaucoup de discipline qui ont forcé le respect et opposé un cinglant démenti à tous les oiseaux de mauvais augure, ennemis de la révolution. Les alliés de l’ancien régime ont beaucoup perdu de leurs capacités de nuire et mènent, actuellement, un combat désespéré pour ne pas avoir à rendre compte de leurs nombreux délits et crimes.

Les Tunisiens, échaudés par de nombreuses années de tromperie, de mensonge, de manipulation et de trahison, ont appris à séparer le bon grain de l’ivraie et n’ont plus besoin de donneurs de leçons pour bien choisir, voter pour les candidats les plus authentiques, les fins connaisseurs de leurs pays, les hommes et femmes de bonne volonté, sincères, qui ne cherchent ni à s’enrichir ni à devenir célèbres et qui sont incapables de trahir ou d’œuvrer contre les intérêts de leur pays. Aux urnes, aux urnes, citoyennes, citoyens ! Votez utile, votez massivement ! L’heure de la liberté a sonné.

     

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