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Tunisie-terrorisme : Aïcha dénonce un réseau de «jihad du nikah»

24

mai

2013

à 13:39

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Aicha, une jeune fille de Monastir, dénonce un réseau tunisien voué au jihad du nikah. Elle raconte, sur Tounesna TV, sa mésaventure et le lavage de cerveau qu'elle a subi.

 

Aicha, 20 ans, a un charmant accent lorsqu'elle parle tunisien. Elle est née et a vécu à l'étranger. Elle prend son courage à deux mains et brise le silence en racontant sa douloureuse expérience.

Un billet pour le paradis

Tout a commencé dans une faculté à Monastir, ville touristique dans le Sahel tunisien, où elle poursuivait ses études.

Une femme de 40 ans, étrangère à la faculté, venait souvent jouer le prédicateur de service au sein même de l'établissement, sans que cela ne dérange outre mesure la direction. Elle commençait bien évidemment par parler des préceptes de l'islam de façon général: la prière, le jeûne de ramadan, le port du voile, etc. Jusqu'au jour où elle a proposé aux filles «le port du niqab et l'inscription gratuite à des cours religieux dispensés par une association de bonnes musulmanes».

Les cours se déroulaient à son domicile, pour un groupe de 18 jeunes filles dont l'âge moyen est de 18 ans, la moins âgée, par contre, étaient mineure et n'avait que 10 ans, témoigne Aïcha.

Le premier pas consistait à éloigner les jeunes filles des études académiques, leur expliquant que seuls les cours de Coran valaient la peine d'être suivis car les autres matières (tel que la physique, les mathématiques, les sciences...) ne servaient absolument à rien.

Ensuite, pour les isoler davantage de leur entourage, on ne cessait de leur rabâcher qu'elles étaient meilleures que toutes les autres filles égarées et qui allaient forcément droit en enfer. Ayant choisi la voie de l'islam, Dieu, qui est fier d'elles, leur ouvrirait les portes du paradis.

Puis, petit-à-petit, la «professeure» a commencé à leur parler de jihad, en leur vantant «le devoir de mourir pour sauver la religion et ainsi accéder plus aisément au paradis.» Si les jeunes filles se montrent réceptives à ce discours, on leur dit que le rôle de kamikazes pouvait leur aller comme un gant... Avant de leur faire d'autres propositions encore plus saugrenues.

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Aicha témoigne sous le couvert de l'anonymat. 

La prostitution halal

Aicha explique qu'il lui a été proposé de se soumettre au «mariage» en s'offrant aux pauvres soldats jihadistes sur le front, pour «les soulager et leur redonner des forces afin qu'ils puissent vaincre l'ennemi». Cette forme de jihad est appelé «jihad du nikah» (de mariage).

Aïcha a été séduite par l'idée, car elle était convaincue que cela était conforme aux préceptes de la religion musulmane. Et puis, après tout, les salafistes jihadistes ne sont-ils pas en train de se battre pour sauver leurs frères musulmans en Syrie, même si c'est en tuant d'autres musulmans, hommes, femmes et enfants? Pourquoi ne rendrait-elle pas service elle aussi en se sacrifiant pour la cause sainte?

Sauvée par sa maman

Aïcha a décidé d'aller en voyage en Syrie avec un groupe constitué par la femme en question, aidée par son mari et quelques autres personnes du même réseau. On ne lui a même pas demandé de passeport, alors qu'elle allait quitter le territoire tunisien.

La maman de Aïcha s'étant rendue compte du changement que sa fille s'était imposée: arrêt des études, port du niqab, plus de sortie, toujours cloîtrée dans sa chambre... Elle a donc décidé d'avoir une franche discussion avec sa elle. Et c'est ainsi qu'Aïcha, dans un moment de faiblesse, s'est lâchée et a raconté tout à sa maman. Affolée, celle-ci a explosé en sanglots...

La scène, d'une rare violence, a eu un grand effet sur Aïcha, qui a retrouvé ses esprits après une ferme discussion avec sa mère.

La jeune fille explique le lavage de cerveau qu'elle a subi, les pages Facebook, blogs et sites salafistes jihadistes qui contribuent au recrutement des candidats au jihad. Ces mêmes sites qui donnent le mode d'emploi pour fabriquer des armes, faire exploser des bombes, tuer...

Depuis qu'elle a raconté sa mésaventure, Aïcha se sent libérée. Elle fait toujours sa prière, porte le voile et prône l'islam modéré que la Tunisie a toujours connu. Quand elle parle de religion, elle parle aussi d'amour et de paix...



     

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