etudiantes niqab 4 27Le ministre de l'Enseignement supérieur Moncef Ben Salem plaide pour que les étudiantes niqabées passent leurs examens sans devoir lever le voile sur leur visage, s'inscrivant ainsi en faux contre une décision du corps des enseignants universitaires.

«J'appelle tous mes collègues universitaires, que je respecte, à suspendre provisoirement leur décision et à laisser les étudiantes niqabées passer leurs examens... En attendant d'étudier en profondeur la question, pour ne pas avoir à le regretter plus tard», a lancé Mohamed Ben Salem, samedi, lors de la séance plénière de l'Assemblée nationale constituante (Anc).

Le dirigeant nahdhaoui, connu pour ses affinités avec les salafistes, a notamment déclaré qu'en tant que ministre responsable, il ne peut pas rester sans réaction face à ce problème et pourrait «être contraint, vraiment contraint, tout en respectant la notoriété des commissions scientifiques, de soumettre la question du niqab aux députés pour trancher».

Depuis novembre 2012, des étudiantes portant le niqab insistent pour assister aux cours et même pour passer les examens sans devoir enlever le niqab et montrer leur visage, ce qui leur a été refusé par le corps enseignant.

En réaction, des étudiants salafistes ont organisé des sit-ins dans les établissements universitaires, provoquant même des désordres, notamment à la Faculté des lettres de Manouba, dont le doyen, Habib Kazdaghli est poursuivi en justice par une étudiante niqabée prétendant qu'il l'a gifflée. Ce que le professeur d'histoire dément catégoriquement.

La question du port du niqab à l'université a pourri et continue de pourrir la vie universitaire dans le pays, alors que le gouvernement islamiste refuse de trancher et montre même beaucoup de compréhension à l'égard des perturbateurs islamistes.

Z. A.