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Tunisie : L'enfance sacrifiée sur l'autel de la bureaucratie

5

avril

2013

à 14:03

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Le viol de Aziza (3 ans) au jardin d'enfant de la Marsa est l'arbre qui cache la forêt des abus de toutes sortes dont les établissements de l'enfance en Tunisie sont le théâtre du fait du laxisme et du laisser-aller des autorités.

Par Moncef Chtourou

Après l'émotion (et la polémique) suscités par le douloureux viol de Aziza, la fillette de 3 ans, dans un jardin d'enfant à la Marsa, la Chambre syndicale des jardins d'enfants a tenu un conférence de presse, mercredi, au siège de l'Union régionale de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica) de Nabeul. Organisée sous le slogan «Non au jardins d'enfants clandestins», la conférence de presse a été suivie d'une marche de protestation entre siège de l'Utica à celui du gouvernorat, en passant par le centre-ville. Le gouverneur a accepté de rencontrer une délégation du syndicat organisateur de l'évènement en présence du commissaire régional de l'enfance à Nabeul.

Haro sur les jardins d'enfants clandestins

Les parents de Aziza, la petite fille violée, étaient présents pour témoigner. Aziza, annoncée, n'était pas là. Ses parents ne souhaitent pas l'exposer au public. Et c'est tant mieux, car elle doit être préservée et protégée après le drame qu'elle a vécu.

La présidente du syndicat a indiqué que les jardins d'enfants clandestins se multiplient depuis plusieurs années. Les autorités ont été alertées à maintes reprises des conséquences pouvant survenir et des risques encourus, mais elles ont préféré ne rien faire, si elles ne se cachent pas derrière les procédures administratives. La pagaille dans laquelle se trouve aujourd'hui le secteur de l'enfance n'a rien de surprenant puisqu'il est sous la tutelle de 3 ministères (Affaires de la femme et de la famille, Intérieur, Santé), a indiqué la conférencière.

D'autre part, les propriétaires des jardins d'enfants clandestins ont trouvé la parade parfaite pour se dérober à la légalité: signer le cahier des charges et ouvrir leur établissement sans se préoccuper du dépôt légal auprès du service de l'enfance territorialement concerné. Cette parade est l'une des perversions rendues possibles par le cahier des charges supposé réguler le métier.

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Les professionnels s'inquiètent de la multiplication des jardins d'enfants clandestins et du manque de contrôle des autorités de tutelle.

L'incapacité totale des institutions de contrôle

A cet effet, le corps du métier pense que l'instauration du cahier des charges dans un secteur sensible à l'instar des établissements d'enfance a été une grossière erreur du temps de Ben Ali, qui voulait libéraliser l'économie à tout prix pour s'attirer les bonnes grâces des institutions internationales. Certains professionnels plaident, par conséquent, pour le retour à l'agrément préalable des autorités compétentes, car le système du cahier des charges a montré ses limites et a surtout démontré l'incapacité totale des institutions de contrôle à prendre la moindre mesure répressive.

Il convient de noter, à cet égard, que, depuis 4 ans au moins, les propriétaires de jardins d'enfants et leur syndicat ont alerté avec insistance le commissaire de la protection de l'enfance ainsi que le commissaire régional à l'enfance sur l'existence des jardins d'enfants clandestins et les conséquences potentiels de leurs dépassements, mais nul n'a pris au sérieux ces alertes. Plus affligeant encore: l'Etat, au prétexte d'aider à créer des emplois dans ce secteur de l'enfance, a laissé faire les amateurs du gain facile et rapide qui se sont rempli les poches sur le dos des enfants. Pour ne rien arranger : le ministère de tutelle, censé assurer les contrôles nécessaires pour protéger les enfants, a préféré fermer les yeux sur les dépassements enregistrés.

Les parents de Aziza ont beaucoup regretté que plusieurs médias aient fait circuler l'information, depuis lundi, que le viol de leur fille était une affaire montée de toute pièce dans le but politique de faire limoger la ministre des Affaires de la femme et de la famille Sihem Badi.

Le père de la petite a fait savoir, de son côté, qu'une deuxième plainte pour viol, impliquant le même individu et qui a eu lieu dans le même jardin d'enfant, vient d'être déposée et que l'enquête policière est en cours. La victime est une enfant de 4 ans, qui a raconté en détail les sévices qu'elle a subis et désigné nommément son agresseur. Tout en exprimant ses craintes de voir l'enquête sur le viol de sa fille se perdre dans les méandres de la bureaucratie judiciaire, le malheureux père s'est consolé en disant que les autorités ne sauraient faire taire une citoyenne française qui réclamerait la justice pour sa fille.

Les parents de Aziza soupçonnent l'existence d'un réseau de pédophilie de grande envergure, méthodique et bien rodé qui filme les enfants dans des situations obscènes. Qui sont les intermédiaires? Qui sont les clients? Affaire à suivre...

   
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