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Menacé ou pas, le Mausolée de Sidi Abdelkader doit être protégé

21

janvier

2013

à 15:07

salafistes 21Des adeptes du mausolée de Sidi Abdelkader à Menzel Bouzelfa (Cap Bon) ont affirmé qu'ils ont été la cible, samedi soir, d'agressions verbales et de menaces de la part de quatre individus apparentés au courant salafiste.

 

Les autorités locales ont, cependant, démenti cette agression signalant qu'il s'agit d'une «affaire montée de toutes pièces». Qui croire? Faut-il attendre que le mausolée soit saccagé ou incendié pour en parler ? Les autorités ne seraient-elles pas plus inspirées de prendre au sérieux les alertes émanant des citoyens au lieu de les traiter de... «menteurs»?

«Ils nous ont accusés d'apostasie»

Quoi qu'il en soit, dans le cas du mausolée de Sidi Abdelkader à Menzel Bouzelfa, un témoin oculaire, Jaafer El Aloui, a affirmé, dimanche, à l'agence Tap, qu'après la prière d'Al-Icha, ils étaient «six personnes au mausolée en train de nettoyer les lieux en prévision de la célébration de la fête du Mouled, quand quatre barbus ont débarqué».

«Ils nous ont accusés d'apostasie», a-t-il déclaré, avant d'ajouter que «l'un de ces individus a menacé le gestionnaire de la zaouia, Hassine Lakti, avec une arme blanche».

«Ce geste signale une intention d'attaquer le mausolée qui a, déjà, été assailli, le 14 septembre 2012, par des salafistes». «L'intervention rapide de la police et de l'armée a permis d'éviter le pire», a indiqué un autre témoin Kais Chouikha.

Selon Mohamed El Héni, membre de l'Union des confréries soufies, un procès-verbal a été rédigé au poste de police de Menzel Bouzelfa. «L'affaire a été prise en charge par un avocat» a-t-il, également, déclaré à l'agence Tap.

Les autorités, gouverneur de la région et maire de Menzel Bouzelfa, ont démenti cette information la qualifiant d'«infondée».

Le président de la délégation spéciale de Menzel Bouzelfa, Ali Ngira, a indiqué, samedi soir, à l'agence, que cette information «infondée» s'inscrivait dans le cadre des «tentatives visant à semer la discorde».

Une source sécuritaire de Menzel Bouzelfa, ayant préféré garder l'anonymat, a fait savoir que le responsable de la zaouia a déposé, dans la soirée du 19 janvier, une «plainte contre X» au commissariat de permanence à Grombalia expliquant que «les plaignants n'ont donné aucun détail sur l'identité ni de description sur les auteurs de cet acte présumé».

Cette zaouia abritait la confrérie Al Kadriya, l'une des plus anciennement en Tunisie car elle se rattachait à Sidi Abdelkhader El Jilani qui vivait au IIIème siècle en Orient, et dont le tombeau se trouve à Bagdad.

La "tariqa kadria" en Tunisie

Al Haj Mizoun, chef de la Kadriya, a fondé cette zaouia avant de la transformer en Medersa pour renforcer la confrérie.

Selon Mohamed El Aziz Ben Achour, auteur du livre ''Zaouias et confréries'', il semble que «la confrérie de la Kadriya soit la plus ancienne dans l'histoire du soufisme en Tunisie.»

Hussein Bey Ben Ali était un fervent adepte de Sidi Abdelkader, pour lequel il construisit quelques unes des Medersas pour la diffusion de l'enseignement de la confrérie. Cependant, la confrérie n'avait pas, au début, de zaouia particulière.

Ce n'est que sous le règne de Hammouda Bacha Bey (1782/1814) qu'«un privilège a été accordé aux zaouias par la fondation d'un sanctuaire à Menzel Bouzelfa à Nabeul».

Bien que la ferveur musulmane soit illustrée, entre autres, à travers la voie mystique de Sidi Abdelkader ayant pour fondement «l'abnégation de l'être au profit de Dieu, les principes philanthropiques développés au plus haut degré sans distinction de race ni de religion, une piété rigoureuse», le mausolée portant son nom et bien d'autres ne sont pas aujourd'hui à l'abri de véritables menaces de destruction et même de périls et de dérives de certains qui considèrent ces sanctuaires comme «une pure hérésie» en oubliant que «les œuvres sont des formes figées; la vie y pénètre par le secret de l'intention pure» (maxime du grand mystique Taj El Din Ibn Atallah El Iskandarani).

En l'absence d'un inventaire précis, détaillé et complet des mausolées attaqués, il s'avère, selon la liste établie par l'association Touensa pour la vigilance et la citoyenneté, que plus d'une vingtaine de Zaouias, marabouts et mausolées ont été attaqués, incendiés ou profanés depuis la révolution du 14 janvier 2011.

Le premier mausolée attaqué serait celui de Sidi El Kacem, au Kef, en avril 2012.

I. B. (avec Tap).

   
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