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Tunisie-Méditerranée. Les risques de marées noires en question

17

juillet

2010

à 09:16


La Méditerranée compte 22 forages pétroliers en pleine mer, dont 4 au large de la Tunisie. A la suite de la catastrophe provoquée par l’explosion de la plate-forme de British Petroleum (BP) au large du Golfe du Mexique, certains se demandent ce qui adviendrait si une catastrophe pareille arrivait en Méditerranée, région qui accueille 30% du tourisme mondial.



Le 20 avril, une explosion advint à bord de la “Deepwater Horizon”, la plate-forme de forage de la British Petroleum (BP) dans le secteur des Etats-Unis du Golfe du Mexique, en causant un déversement de grandes quantités d’hydrocarbures. La plus grave catastrophe environnementale dans l’histoire des Etats-Unis menace actuellement les ressources halieutiques, le tourisme et l’habitat de centaines d’espèces d’oiseaux dans cette région. Est-ce qu’un accident analogue peut arriver en Méditerranée?

Des risques liés à l’exploitation et au transport
Alessandro Candeloro tente de répondre à cette question dans un article sur le site de PPRD South Programm (Prévention, préparation, réponses aux désastres naturels et humains), un programme de la coopération internationale pour le renforcement des capacités de protection civile entre l’Union européenne (Ue), qui finance le programme, les pays partenaires Méditerranéens et Balkaniques, sous l’égide de la Politique Européenne de Voisinage (Pev).
Selon le portail international de l’industrie et du gaz  “Rigzone” , la mer Méditerranée compte 22 plateformes de forage offshore actuellement opérationnelles – 7 en Egypte, 5 en Libye, 4 en Tunisie, 4 en Italie, 1 en Croatie et 1 à Malte, contre les 173 basées dans le Golfe du Mexique. «Les réserves plus importantes de pétrole et gaz marins se trouvent dans la côte Adriatique de l’Italie, dans la mer Egée de la Grèce, dans le Golfe de Gabès tunisien et au large des côtes de la Libye et de l’Egypte. En outre, les explorations pour l’exploitation des ressources pétrolières et de gaz au large du Maroc, de la Turquie et d’Israël sont prévues ou en cours», explique l’auteur.
Bien sûr, l’exploration pétrolière en mer constitue un risque majeur, et même si aucun accident majeur n’a été enregistré à ce jour, la possibilité d’un accident semblable à celui survenu dans le golfe du Mexique n’est pas à exclure. Cependant, le facteur de risque de marées noires le plus important en Méditerranée est surtout lié au transport de pétrole brut et raffiné ainsi que des produits résiduels par les tankers et les oléoducs. Le Regional Marine Pollution Emergency Response Centre (Centre régional de réponse aux urgences liées à la pollution Marine, Rempec) en mer Méditerranée, administré par l’Organisation maritime mondiale (Imo) en coopération avec le Plan d’action pour la Méditerranée du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), estime qu’«entre le 1er août 1977 et le 31 décembre 2007, environ 402 millions de litres de pétrole sont rentrés en mer Méditerranée à cause d’accidents ou bien d’écoulements illicites des produits pétroliers.»
Parmi les accidents ayant provoqué un déversement d’hydrocarbures en Méditerranée, on cite l’explosion du tanker Haven en 1991 au large des côtes de Gêne (Italie) avec une perte de 180.000 litres, l’incendie du tanker Irenes Serenade en 1980 dans la baie de Navarino en Grèce avec 50.000 litres, l’échouage du tanker Juan Lavalleja dans le port de Arzew en Algérie en 1981 avec déversement de 49.000 litres et le déversement d’hydrocarbures au Liban en 2006 à cause des attaques de l’aviation militaire israélienne contre la raffinerie de Jieh provoquant une fuite de 19.000 litres.



Les décharges illicites par les tankers
Selon le Rapport du Plan bleu sur l’environnement et le développement en Méditerranée (2009), ces accidents ont évolué, tout au long des dernières années, de déversements majeurs à des collisions et échouages fréquents produisant une pollution à échelle réduite.
«Des petits accidents adviennent principalement dans les ports, pendant les opérations d’amarrage, de chargement ou de déchargement», explique M. Candeloro. Il ajoute: «Les zones à haut risque de collision entre tankers sont les détroits turques du Bosphore et des Dardanelles, le détroit de Messine entre la Sicile et la péninsule italienne, le détroit de Gibraltar suivis par d’autres zones subissant un important volume de trafic de grands vaisseaux comme le sud de la Grèce, l’Italie du nord et le sud de la France.»
Autre source de pollution en Méditerranée due aux hydrocarbures: la décharge illicite par les tankers et les navires. La plupart des pays méditerranéens ont ratifié la convention Marpol qui, dans son annexe 1, déclare qu’en Méditerranée la décharge des tankers de leurs réservoirs de cargaison est défendue. Malheureusement, les déchargements de pétrole se poursuivent encore, comme montré par le travail du Programme européen “Monitoring Illicit Discharges from Vessels” qui, à travers des photos satellites, a identifié, en 2004, 1.425 déchargements illicites de pétrole. Les régions les plus touchées par ces déchargements sont le nord et l’est de la Méditerranée.
Jeudi 30 juin, Total, Eni, Exxon Mobil, BP, Chevron et des sociétés russes ont été convoquées à Istanbul par le gouvernement turc. Préoccupées par les risques de marée noire dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles, les autorités turques veulent que les compagnies pétrolières abondent un fonds de 16 mds € pour couvrir les dégâts en cas d’accident. Plus de 150 tankers transitent quotidiennement par le Bosphore, quatrième détroit le plus fréquenté au monde.

La coopération régionale et internationale
Pour faire face à ces risques, la plupart des pays méditerranéens ont adopté des plans nationaux ou sous-régionaux d’urgence liée aux déversements d’hydrocarbures. Ces plans  définissent en avance les procédures opérationnelles. Mais tous les pays n’ont pas le même niveau de préparation pour affronter des cas de grave pollution. Certains manquent de personnel et d’équipement. Des instruments de coopération régionale et internationale ont été mis en place pour permettre aux pays européens d’assister éventuellement leurs partenaires méditerranéens en cas d’accident de pollution maritime. Parmi ces instruments: le Protocole Pnue/Pam, le projet SafeMed financé par la Commission européenne (CE) et les initiatives de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (Aesm) et du Groupe des industries pétrolières méditerranéennes (Gipm).

Imed B.

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