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Tunisie. L’Atm après Saïda Agrebi

17

février

2011

à 08:04

saida-agrebi
Arrêtée le 9 février à l’aéroport de Tunis-Carthage, Saïda Agrebi, ancienne présidente de l’Association tunisienne des mères (Atm), a laissé derrière elle une association de triste réputation et une foule d’interrogations…


Derrière cette femme de fer, un voile de mystère et des rumeurs qui ne cessent de gonfler. On parle de milliards volés et d’armes trouvées dans la cave du siège de l’Association, à El Manar II. Info ou intox?
Kapitalis s’est rendu sur place. «Le 14 janvier, dans la nuit, juste après la fuite de Ben Ali, Saïda Agrebi est montée à son bureau et sortie, un peu plus tard, avec des liasses de documents», affirme le gardien, qui n’en sait pas plus.

«Qui osait lui dire oui ou non!»
Au premier étage de la bâtisse de la rue des Mères de Tunisie à la cité El Manar II, quelques femmes tournent en rond. L’ambiance est plutôt morose. Pour répondre aux questions de Kapitalis, aucune réticence. Au contraire, elles ont beaucoup des choses à raconter sur celle qui les a toujours terrorisées par son comportement «infecte». L’histoire des armes dans la cave les a cependant choquées. Elles ont toutes démenti ce qui n’était finalement qu’une rumeur. «Qui osait lui dire oui ou non! Personne! Elle ne faisait que crier, nous rabaissant et nous terrorisaient à la fois. Même pour demander la régularisation de notre statut, on n’osait pas. Démissionner était encore pire. Elle nous tenait par le chantage et ses connaissances au palais de Carthage. Sa force, c’est le pouvoir. Vous imaginez, nous ne sommes même pas déclarées à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). Ici, le plus gros salaire n’atteint pas les 300 dinars…», se plaint une dame qui, comme d’autres employé (e)s, a préféré garder l’anonymat.
«Les ministres défilaient à son bureau. Ils déjeunaient avec elle. On entendait leurs rires. Ce n’est qu’après leur départ que l’on pouvait reprendre le travail», raconte l’une des adhérentes. Elle explique l’empressement des ministres auprès de Saïda Agrebi par l’ascendant que celle-ci avait sur eux. Elle pouvait rencontrer l’ex-président à tout moment. Et ne se privait pas de les faire chanter. De toute façon, tous payaient leur dîme à l’Atm.

Le temps du grand ménage
Flash back: «Le matin de ce fameux 14 janvier, on était en réunion de travail, mais on a dû interrompre la séance à cause des manifestations au centre-ville de Tunis dont nous parvenaient les échos. Dans l’après-midi, Saïda Agrebi n’était plus joignable. Nous avons tenté de la contacter, des jours durant, mais en vain et son téléphone est resté aux abonnés absents. Le 21 janvier, nous l’avons destituée de ses fonctions. Puis, comme tout le monde, nous avons appris à travers les médias qu’elle a été arrêtée sous déguisement à l’aéroport. Elle était voilée et sur une chaise roulante, munie d’un faux passeport…», raconte une responsable. Qui ajoute que Saïda Agrebi a été mise en résidence surveillée avant d’être incarcérée. Vrai ou faux! L’information n’est pas encore officielle.
A ses côtés, une avocate en train de discuter de l’avenir de cette association qui doit rester «caritative» et cesser d’être utilisée comme une officine de propagande politique, comme elle l’était sous Saïda Agrebi.

Une association sans comptabilité
«Nous allons changer l’enseigne de l’association. Mais avant, nous devons faire le ménage dans la maison. Nous avons dû rencontrer des responsables de la Bna, où est domicilié le compte de l’Atm, pour faire le transfert de la signature de l’ex-présidente et payer le salaire des employées. Pour ce, il a fallu la signature et la caution de trois responsables…», a-t-elle dit. «Pour défoncer la porte de l’ex-directrice, nous avons fait appel à un huissier. A part quelques paperasses qui ne valent rien, nous n’avons trouvé aucun document de valeur. Pour le coffre-fort, nous n’avons pas le code. Pour l’ouvrir, nous allons faire appel à un technicien en présence d’un huissier. Nous ignorons tout de la comptabilité de l’association. Nous devons contacter les 20.000 adhérentes, faire un courrier à tous ceux qui ont subventionné l’association pour savoir combien ils ont donné. Mais l’Atm doit survivre à cette tempête et nous allons essayer de redorer son  blason… Ce ne sera pas facile, mais nous devons montrer que, dans l’association, il y a des gens qui ont les mains propres», explique une ancienne enseignante, qui croit encore au bénévolat et en l’avenir de l’Atm.
Saïda Agrebi a un fils, Ahmed Jribi Agrebi, qui devait créer une chaîne de télévision. Arrivé à Tunis, dimanche dernier, en provenance d’Egypte où il réside, il a souhaité rencontrer sa maman, mais les autorités, enquête oblige, l’en ont empêché.

Zohra Abid

     

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