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Tunisie. La diplomatie n’est pas donnée à tout le monde!

9

mars

2012

à 09:07

A propos d’une visite au Canada de deux membres du gouvernement Hamadi Jebali qui serait préparée en catimini par des circuits parallèles. Ce qui n’aiderait pas à améliorer les relations entre Tunis et Ottawa.

Par Amine Kochlef


Les bourdes du gouvernement en place se succèdent, se multiplient et s’accumulent, mais le plus grave dans tout ceci c’est que leur portée devient dramatique et leurs répercussions catastrophiques sur l’avenir des relations internationales de ce pays qui cherche à se blanchir la patte après plus de 23 ans de pseudo légitimité.

Dans les prochains jours (du 17 au 24 mars 2012), certains membres du gouvernement tunisien effectueront une visite au Canada et le moins que l’on puisse dire c’est que cette visite est bizarre, contraire à toute tradition diplomatique et surtout très dangereuse pour la réputation de tout pays.

Ministres et secrétaires d’Etat sans ordre de mission clair

La liste des représentants du gouvernement tunisien comprend notamment Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur ainsi que Mohamed Abbou, ministre chargé de la Réforme administrative, d’autres cadres et secrétaires d’Etat feront partie de la mission en visite.

Dans l’absence d’une mission claire et d’un passage par les voies diplomatiques classiques, une telle visite est considérée comme une atteinte à la souveraineté d’un pays, surtout que les relations avec le Canada souffrent encore des résidus de la crise relative aux élections de l’assemblée constituante lors de laquelle le Canada avait refusé catégoriquement que son territoire soit considéré comme une circonscription électorale.


Mohamed Abbou

Une ambassade parallèle ?

Le gouvernement actuel aurait fait appel à un genre de mission diplomatique parallèle pour organiser sa tournée au Canada. Pour ce faire, les instances officielles tunisiennes ont opté pour les services d’un certain Adel Guitouni afin d’établir un plan de visite et organiser toute une tournée qui s’étend de l’est jusqu’à l’extrême ouest du pays.

Il est également à noter que la mission diplomatique tunisienne n’a pas été avisée officiellement de cette visite et que le gouvernement fédéral canadien émet périodiquement des mémos pour notifier aux ambassades qu’aucune visite ou rencontre officielle ne sera tolérée si elle n’est pas organisée par le circuit diplomatique habituel et si elle n’est pas régie par les règles et les protocoles d’usage.

Qui est ce Adel Guitouni ? Un professeur universitaire à Victoria en Colombie Britannique, ayant enseigné 13 ans au Québec et spécialisé dans le domaine de la sécurité et la défense.

Le choix de la personne semble étrange, voire douteuse, surtout dans le contexte actuel.

Une visite officieuse de levée de fonds

L’objectif premier de cette visite, selon le programme, serait de faire une tournée de rapprochement entre les deux pays et également pour effectuer une levée de fonds. Si c’est pour le rapprochement, je ne pense pas que cela soit la bonne façon de le faire, surtout si on provoque une crise diplomatique en contournant les procédures d’usage.

A quoi serviraient ces fonds ? Pour aider la Tunisie dans l’avancement de son processus démocratique ? Pour rétablir les bourses d’études pour les étudiants tunisiens au Canada, qui avaient été suspendues pour des raisons de restrictions budgétaires par ce même gouvernement ?

De toutes manières, toute cette visite est confuse et semble avoir des objectifs assez obscurs.


Moncef ben Salem

Une visite partisane, aux frais du contribuable

Toujours selon le programme de la visite, tout porte à croire qu’elle a une portée partisane : les personnes invitées, les contacts, les organisateurs ainsi que les coordinateurs sur place. Dans le contexte actuel, serait-ce une bonne idée de dilapider l’argent du contribuable tunisien qui peine à subvenir à ses besoins de base ? Je ne pense pas ! Et personne ne semble être d’accord.

Dans un monde parfait, le scénario aurait été différent. Même dans ses moments les plus sombres, le point fort de la Tunisie avait été sa diplomatie et sa stratégie de coopération.

En temps normal, avant d’effectuer une telle visite, il y a des services de coopération et de relations bilatérales qui existent dans les deux ministères concernés, à savoir, l’Enseignement supérieur et les Affaires étrangères. Ceux-ci auraient organisé une mission de prospection qui serait suivie par une visite officielle, couronnée par la signature d’accords entre les deux pays.

Pour ce qui est du ministère de la Réforme administrative, la procédure aurait impliqué l’ouverture d’une consultation internationale ou la demande d’envoi d’une mission de supervision et d’encadrement visant à donner des solutions, et la mise en place de stratégies pour mener à bien le processus de la réforme.

Mais bon, je semble être très optimiste…

Entre temps, le pays souffre de ses problèmes et souffrira encore à cause des complications et du legs désastreux que lui aura laissé ce gouvernement amateur, incompétent et irresponsable.

Blog de l’auteur.

   
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