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Lundi 01 Septembre 2014

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Tunisie. Les anti-Wajdi Ghanim donnent de la voix au Bardo

18

février

2012

à 18:01

Samedi, au Bardo, ils étaient plusieurs centaines, des militants et des citoyens de toutes conditions, à protester contre le silence de la Constituante et du Gouvernement face aux appels à la haine du prédicateur égyptien.

Reportage de Zohra Abid


La visite, depuis une semaine, en Tunisie, du prédicateur égyptien Wajdi Ghanim continue à diviser les Tunisiens, à les empêcher de dormir et à les faire réagir dans les médias et les réseaux sociaux. Sur cette question, qui est sur toutes les lèvres, le gouvernement n’a pas voulu vraiment trancher, ménageant la chèvre et le chou, et, surtout, pour ne pas énerver les associations salafistes qui ont invité le «fouteur de merde» (excusez le mot) égyptien.


Le drapeau rouge et blanc reprend sa place naturelle.

Mardi dernier, l’association Kolna Tounes a envoyé des messages via un huissier de justice aux responsables du gouvernement. Le même jour, l’avocate Bochra Ben Hmida, avec un collectif d’avocats et de représentants de la société civile, a porté plainte contre le prédicateur égyptien.

Mercredi, Emna Menif, fondatrice de Kolna Tounes, a rencontré les médias et fait appel à la société civile pour observer un sit-in devant l’assemblée de la constituante, samedi, entre midi et 14 heures. Message reçu 5 sur 5.


Iyed Dahmani quitte la Coupole pour discuter avec les manifestants.

«Non à la fitna, Ghanim, allez prêcher ailleurs !»

Entre midi et 13 heures, une heure de pointe, la circulation est infernale du côté de Bab Saâdoun. Elle l’est davantage sur l’avenue du 20-Mars en direction du Bardo. Devant la coupole de la Constituante, où les élus réfléchissent sur l’avenir du pays, c’est vraiment le bouchon. Les klaxons de voitures n’arrêtent pas. Et les piétons ont du mal à zigzaguer entre ces voitures qui circulent à la tortue.

La police quadrille la place. Des centaines de personnes sont déjà arrivées, et se tiennent en face de la Constituante. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes brandissent des slogans, mais aussi des drapeaux de la Tunisie. En rang ordonné, sur le palier de la grande place, ils scandent leur colère et leur mépris pour le gouvernement.


L'ex-ministre de l'Emploi Saïd Aidi prend goût à l'action politique.

Dans la foule, des élus de l’opposition ont quitté la Constituante pour venir écouter les protestataires et leur parler de vive voix. Des militants et militantes des droits de l’Homme sont au premier rang aux côtés des membres de Kolna Tounes, identifiables par leur logo et leurs gilets jaune fluo.

En face, au pied de la grille de la Coupole, d’autres manifestants. Tous pour la même cause. Un peu plus loin, des grappes de protestataires, parlent du silence du gouvernement, des propos du prédicateur honni, de sa tournée «dans les mosquées et dans les espaces publics et surtout de la fitna (discorde) qui commence à s’installer dans la Tunisie musulmane et tolérante». Tous se sentent agressés. «Nous avons nos propres prédicateurs, Ghanim out !» ; «Non au discours de la haine !» ; «Nous sommes musulmans et tunisiens» ; «Il nous parle de l’excision, qu’il aille nettoyer son cerveau» ; «Nous sommes Tunisiens et unis. A bas le diviseur» ; «Chez nous, pas de place à la fitna !»; «Un hôte lourdaud qui cherche à nuire à notre identité, qu’il soit viré !» ; «Je veux vivre comme ma mère, ma grand-mère et mes ancêtres»..., lit-on, entre autres slogans, sur certaines affiches.


La romancière Massouda Boubaker : La révolution c'est pour progresser et non pour régresser.

«Les mécréants en enfer !»

Entre les rangées, circulent des jeunes. Ils ont à peine la vingtaine. Ce ne sont pas des barbus. Au contraire, bien rasés. Ils s’adressent à voix basse aux manifestants, tentant de les convaincre de la nécessité d’adopter la chariâ dans notre constitution. «Avec la démocratie, vous allez à la dérive et à l’enfer», raconte un lycéen (il vient d’un lycée privé de la zone) à trois femmes quinquagénaires (une médecin et deux enseignantes).


Nous voulons un Etat civil et non un émirat islamiste.

Son camarade de classe se tourne, quant à lui, vers un jeune couple. Il le traite de «koffar» (mécréants), s'il n’écoute pas la parole de Dieu de la bouche des prédicateurs. Le couple détourne le regard. Le prédicateur du jour se retire discrètement mais après avoir insulté les laïcs et les intellectuels. «Vous irez tous au diable !», murmure-t-il en s’en allant. Sans se faire remarquer par la police. Celle-ci, qui s’occupe plutôt d’organiser la circulation, n’a pas eu la tâche difficile, en comparaison avec les difficultés qu’elle a eues, la veille devant la mosquée El Fath, au quartier du Passage, au centre-ville de Tunis, avec les barbus très agités, avec leurs étendards blancs ou noirs reproduisant des versets du Coran, et qu’il a fallu du gaz lacrymogène pour les disperser.

Le drapeau tunisien flottant partout

14 heures et quelques minutes, à nouveau, l’hymne national. La foule gonfle et dégonfle. D’autres personnes se sont jointes à ce beau monde. Elles brandissent un couffin et protestent contre la cherté de la vie. D’autres brandissent des slogans insultant le Cpr et Ettakatol, les qualifiant de lécheurs de bottes d’Ennahdha. D’autres réclament un emploi et d’autres ont mis à l’affiche : la liberté des médias. Aux côtés des drapeaux tunisiens, les couleurs du quotidien arabophone ‘‘Ettounissia’’, dont le directeur est en détention depuis mercredi pour avoir publié, sur la Une, une photo d’un mannequin, jugée immorale.


"Wajdi Ghanim, excisez votre cerveau !"

Une trentenaire, sur le chemin du retour, est dans tous ses états. Elle n’en revient pas. «D’un côté, on sanctionne les journalistes et de l’autre on déroule le tapis rouge à ceux qui prêchent pour la haine et la division. C’est vraiment grave ! Je reviendrais, s’il le faut, tous les jours pour protester. C’est inadmissible avec cette troïka qui va tout droit au mur», lance la dame, les traits tirés, le regard en feu, prête à en découdre...

La circulation est de plus en plus impossible. La foule n’a pas quitté la place. Elle attend la réponse des constituants à propos du message envoyé via un groupe de représentants...

Affaire à suivre…

   
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