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Qui pense encore aux blessés de la révolution tunisienne?

2

septembre

2011

à 08:30

revolution tunisie
Jours de fête, jours de tristesse pour les blessés de la révolution tunisienne, abandonnés à leurs douleurs, et presque oubliés par la nation.
Par: Néjib Tougourti


Durant les premières heures de la révolution, encore sous l’ancien régime, pendant les sombres moments de la terreur, quand le tyran et ses sbires, pris de panique, ont donné l’ordre de tuer à vue, de tirer sur les manifestants, qui affrontaient, mains nues, avec une rare bravoure, une mort certaine, des meilleurs de nos hommes et femmes, sont tombés, lâchement atteints, par des balles fatales, traitresse. D’autres, non moins téméraires, aux grands cœurs, se sont, vaillamment, exposés pour faire obstacle aux projectiles de la mort qui ont déchiré leur chair, lacéré leurs poumons, paralysé leurs membres et déchiqueté sauvagement leurs tripes. Ils ont offert ce qu’ils ont de plus précieux, de plus cher, dans un geste d’amour et de générosité extrêmes. Ils se sont jetés dans le feu pour qu’on revive de leurs cendres.

L’ingratitude de la nation
Des Tunisiens qui ont été le moteur du train de la révolution, ont fourni l’énergie pour le faire démarrer et atteindre sa grande vitesse et dont les sacrifices ont catalysé la grande déflagration qui a fait crouler tout l’édifice de la dictature et détruit son trône, qui ont donné à la foule victorieuse, par la grandeur de leurs actes, une force invincible, qui ont poussé vers le point de non-retour, lorsqu’il s’agissait, pour chacun, de vaincre ou mourir, gisent aujourd’hui, cachectiques, dans d’obscures antichambres, délabrées et tristes, le visage émacié, pâle, les yeux cernés, le regard absent, l’esprit brouillé par la déshydratation et l’inanition et une grande douleur, celle causée par l’ingratitude de toute la nation qui semble les avoir oubliés ou ne plus vouloir s’en souvenir.
Combien sont-ils dans cet état? Où sont-ils? Qui subvient à leur besoins? Qui leur vient en aide? Qui leur tient la main? Qui les rassure? Qui les soigne? Qui nettoie leurs blessures? Qui les soutient pour se lever? Qui leur donne à manger? Qui épargne à ces âmes généreuses, sensibles, fières et libres les affres de la misère, de la solitude, du handicap? A-t-on payé notre dû envers ces citoyens, une partie de nous-mêmes, noble et merveilleuse image de notre nation, symboles de notre résistance, fierté de notre peuple, en les confiant, après des soins sommaires, à leurs familles, souvent démunies et sans grandes ressources, sans suivi, sans assistance réelle, jusqu’à leur domicile, psychologique, sociale, médicale ou paramédicale? A-t-on usé de tous les moyens de soins possibles pour alléger leurs souffrances? Mis à leur disposition toutes les ressources de la science moderne? Fait appel aux meilleures compétences nationales et internationales pour étudier leurs blessures? Fourni tous les équipements nécessaires pour leur autonomie de mouvement? S’est-on inquiété de leurs conditions de vie, celles de leurs familles, de leurs enfants et de leurs moyens de subsistance?

De futiles indemnisations
Mais où est-il donc notre gouvernement? Où sont-ils nos ministères de tutelles, de la Santé, des Affaires sociales? Nos médecins? Nos spécialistes? Nos psychologues? Quelle honte d’avoir assimilé le sacrifice de nos blessés et martyrs à de vulgaires accidents de la circulation! D’avoir cherché à occulter, rapidement, leurs actes de courage et de gloire par de futiles indemnisations! D’avoir essayé d’effacer leur épopée de notre mémoire en les gardant dans l’ombre! De ne pas avoir tenu un registre de leurs effectifs, la nature de leurs lésions et leur évolution! De les avoir abandonnés à leur triste sort, obligés à demander, avec leur famille, l’aumône des âmes charitables, de notre pays ou hors de nos frontières! D’avoir préféré l’Etat et son prestige à la fierté de la nation, autrement plus importante et d’avoir négligé avec mépris, les symboles, les références et les repères, qui serviront d’exemples pour tout le pays et ses générations futures.
Mais qu’attend-on pour reconnaître aux martyrs et blessés de notre révolution le statut qu’ils ont dignement mérité d’anciens combattants, de héros de la nation, de leur assurer tous les avantages de gratuité de soin, de transport, de rente viagère et leur rendre tous les honneurs dignes de leur rang et de la place qu’ils occupent et occuperont, toujours, dans nos cœurs?

     

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