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Tunisie. Sadok Belaïd remonte les bretelles aux partis

16

août

2011

à 08:31


«Pour qu’il y ait des élections, il faut bien des partis, de la confiance et des conditions de transparence. Or vous êtes, aujourd’hui, tous à côté de la plaque»…
Par Zohra Abid

C’est l’avertissement ferme lancé par Sadok Belaid, à un parterre de représentants de partis. Le professeur de droit constitutionnel, ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Tunis, parlait lors de la conférence organisée, samedi à Tunis, par le Centre d’étude de l’Islam et de la démocratie (Csid) et l’association El Jahedh (Tunis) sur «les conditions de réussite du processus électorale».
Après avoir écouté les représentants de près d’une dizaine de partis, évoquant, chacun, le comportement indigne d’autres partis, en complicité avec le  gouvernement par intérim, le juriste n’a pu laisser l’occasion sans dire, lui aussi, tout le mal qu’il pense du comportement de ces mêmes partis.

Cartes sur table et plus rien à cacher !
Selon Sadok Belaïd, il n’y a pas eu, jusque-là, un esprit de travail collectif. Chacun est confiné dans son QG et veut tirer le drap de son côté, oubliant au passage l’essentiel, c’est-à-dire le peuple. «Il a fallu pousser les partis à se réunir sinon ils ne comptent jamais le faire. Mais c’est quoi ça! Tous, soi-disant, ne veulent pas exposer leurs projets de peur que leurs idées ne soient copiées par leurs rivaux. C’est ce que j’ai lu sur les journaux et ça m’inquiète», s’indigne le juriste.
Un parti, c’est aussi et avant tout un programme. Or, jusque-là, il n’a pas vu de vrais programmes. «Il faut que le parti ait un projet pour que le peuple comprenne et puisse choisir», a ajouté M. Belaïd, en remuant le couteau dans la plaie. C’est là, selon lui, l’une des raisons qui n’encouragent pas le citoyen à s’inscrire aux élections. Mais elle n’est pas la seule. «S’il n’a pas un projet devant lui bien défini, comment voulez-vous que le citoyen électeur ait confiance en un parti! Puis choisir quoi, entre qui et qui?», s’est interrogé M. Belaïd.
S’attaquant ensuite à un système qui n’a de cesse de pousser ses pions dans les rouages de l’Etat et des partis, le juriste a prévenu. «Nous allons vers une assemblée constituante qui risque de remettre en place une nouvelle dictature». Que faire pour parer à ce danger? Réponse de M. Belaid: «Il faut fixer un délai pour la mission de l’Assemblée constituante, instaurer une éthique commune entre les partis dans la diversité de leurs courants, rejeter la violence d’où qu’elle vienne et respecter la différence».

Le financement des partis en question
Revenant à la question de la transparence du financement des partis, M. Belaïd a expliqué qu’il s’agit «de rétablir la confiance». «Le peuple a besoin de cette confiance. Sinon vous n’avez rien compris, et vous allez droit au mur», a-t-il encore prévenu.
Selon l’orateur, le peuple n’est pas dupe et les questions d’argent ne doivent pas être laissées sous silence. «Le peuple est en droit de connaître les sources de financement et les parties qui se trouvent derrière. Puis, il faut que vous sachiez que le dernier mot revienne à ce peuple qui s’est soulevé pour mettre fin à la dictature. C’est le peuple qui dira oui ou non, car nous devons finalement faire un referendum sur la nouvelle constitution», a dit M. Belaid, avant de rappeler que le peuple a besoin de comprendre la mission exacte de cette Assemblée constituante. Aurait-elle pour mission de diriger les affaires du pays dans une période de transition comme l’a été la Tunisie pendant la période post-indépendance entre 1956 et 1959? Cette question, M. Belaïd l’a posée comme une mise en garde contre le cumul de pouvoirs de l’Assemblée constituante, qui sera chargée de l’élaboration de la nouvelle constitution, ainsi que du choix du président provisoire et d’un gouvernement de transition.

Bien fixer le mandat de la Constituante
«Attention! Vous devriez être conscients de la nécessité d’élaborer une nouvelle constitution pour le pays, dans les plus brefs délais, et ceci ne demande pas plus de trois mois tout au plus», a lancé Sadok Belaid. Aussi faut-il «fixer et limiter les prérogatives de cette assemblée, dès maintenant, à seulement l’élaboration d’une constitution, et non à sa promulgation, afin qu’elle soit présentée au peuple, qui à son tour doit donner son avis. Là, je reviens au référendum populaire», explique M. Belaïd.
Interpellant de nouveau les partis, le juriste leur demande d’aller à la rencontre du peuple, de voir ce qui va et ce qui ne va pas dans le pays, de manière à pouvoir élaborer des programmes sur mesure pour les différentes souches sociales.

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Tunisie. Sadok Belaïd remonte les bretelles aux partis

«Pour qu’il y ait des élections, il faut bien des partis, de la confiance et des conditions de transparence. Or vous êtes, aujourd’hui, tous à côté de la plaque»… Par Zohra Abid

C’est l’avertissement ferme lancé par Sadok Belaid, à un parterre de représentants de partis. Le professeur de droit constitutionnel, ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Tunis, parlait lors de la conférence organisée, samedi à Tunis, par le Centre d’étude de l’Islam et de la démocratie (Csid) et l’association El Jahedh (Tunis) sur «les conditions de réussite du processus électorale».

Après avoir écouté les représentants de près d’une dizaine de partis, évoquant, chacun, le comportement indigne d’autres partis, en complicité avec le  gouvernement par intérim, le juriste n’a pu laisser l’occasion sans dire, lui aussi, tout le mal qu’il pense du comportement de ces mêmes partis.

Cartes sur table et plus rien à cacher !

Selon Sadok Belaïd, il n’y a pas eu, jusque-là, un esprit de travail collectif. Chacun est confiné dans son QG et veut tirer le drap de son côté, oubliant au passage l’essentiel, c’est-à-dire le peuple. «Il a fallu pousser les partis à se réunir sinon ils ne comptent jamais le faire. Mais c’est quoi ça! Tous, soi-disant, ne veulent pas exposer leurs projets de peur que leurs idées ne soient copiées par leurs rivaux. C’est ce que j’ai lu sur les journaux et ça m’inquiète», s’indigne le juriste.

Un parti, c’est aussi et avant tout un programme. Or, jusque-là, il n’a pas vu de vrais programmes. «Il faut que le parti ait un projet pour que le peuple comprenne et puisse choisir», a ajouté M. Belaïd, en remuant le couteau dans la plaie. C’est là, selon lui, l’une des raisons qui n’encouragent pas le citoyen à s’inscrire aux élections. Mais elle n’est pas la seule. «S’il n’a pas un projet devant lui bien défini, comment voulez-vous que le citoyen électeur ait confiance en un parti! Puis choisir quoi, entre qui et qui?», s’est interrogé M. Belaïd.

S’attaquant ensuite à un système qui n’a de cesse de pousser ses pions dans les rouages de l’Etat et des partis, le juriste a prévenu. «Nous allons vers une assemblée constituante qui risque de remettre en place une nouvelle dictature». Que faire pour parer à ce danger? Réponse de M. Belaie: «Il faut fixer un délai pour la mission de l’Assemblée constituante, instaurer une éthique commune entre les partis dans la diversité de leurs courants, rejeter la violence d’où qu’elle vienne et respecter la différence».

Le financement des partis en question

Revenant à la question de la transparence du financement des partis, M. Belaïd a expliqué qu’il s’agit «de rétablir la confiance». «Le peuple a besoin de cette confiance. Sinon vous n’avez rien compris, et vous allez droit au mur», a-t-il encore prévenu.

Selon l’orateur, le peuple n’est pas dupe et les questions d’argent ne doivent pas être laissées sous silence. «Le peuple est en droit de connaître les sources de financement et les parties qui se trouvent derrière. Puis, il faut que vous sachiez que le dernier mot revienne à ce peuple qui s’est soulevé pour mettre fin à la dictature. C’est le peuple qui dira oui ou non, car nous devons finalement faire un referendum sur la nouvelle constitution», a dit M. Belaid, avant de rappeler que le peuple a besoin de comprendre la mission exacte de cette Assemblée constituante. Aurait-elle pour mission de diriger les affaires du pays dans une période de transition comme l’a été la Tunisie pendant la période post-indépendance entre 1956 et 1959? Cette question, M. Belaïd l’a posée comme une mise en garde contre le cumul de pouvoirs de l’Assemblée constituante, qui sera chargée de l’élaboration de la nouvelle constitution, ainsi que du choix du président provisoire et d’un gouvernement de transition.

Bien fixer le mandat de la Constituante

«Attention! Vous devriez être conscients de la nécessité d’élaborer une nouvelle constitution pour le pays, dans les plus brefs délais, et ceci ne demande pas plus de trois mois tout au plus», a lancé Sadok Belaid. Aussi faut-il «fixer et limiter les prérogatives de cette assemblée, dès maintenant, à seulement l’élaboration d’une constitution, et non à sa promulgation, afin qu’elle soit présentée au peuple, qui à son tour doit donner son avis. Là, je reviens au référendum populaire», explique M. Belaïd.

Interpellant de nouveau les partis, le juriste leur demande d’aller à la rencontre du peuple, de voir ce qui va et ce qui ne va pas dans le pays, de manière à pouvoir élaborer des programmes sur mesure pour les différentes souches sociales.

     

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