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Tunisie. Des partis en mal d’inspiration

4

juillet

2011

à 08:47


Quand les partis exposent leurs approches des problèmes du pays et les moyens d’y remédier, ils ne brillent pas par une grande originalité. Leurs discours sont redondants et les solutions qu’ils préconisent répétitives.Par
Ali Ben Mabrouk


L’Institut Tunis Dauphine* a invité quatre partis à se prononcer, devant les jeunes étudiants de l’établissement, sur des thèmes comme le rôle de l’Etat pour relancer le processus économique, le chômage, le développement régional et le partenariat avec l’Union européenne. Il est évident que lorsqu’on est hors du gouvernement, on a tendance à critiquer durement les directives de ce dernier. Mais critiquer est une chose et proposer des idées alternatives en est une autre.

Des réformes plus populistes que réalisables
Les représentants des quatre partis se sont donnés à cœur joie pour accabler l’Etat de tous les maux qui rongent l’économie tunisienne. Chacun d’eux a fait des propositions pour redresser un tant soit peu le bilan négatif de l’actuel gouvernement. Ils se sont exprimés sur des thèmes qui tiennent plus de l’utopie, des théories difficiles à mettre en pratique. Des réformes sociales plus populistes que réalisables, du genre dont entend souvent parler lors des campagnes électorales.
Ils étaient tous en parfait accord sur les grands principes, tellement ils étaient sur la même longueur d’onde à tel point que Abderrazek Zouari, ministre du Développement régional et modérateur de la session, a dit ironiquement que leurs idées se ressemblent tellement qu’on aurait cru qu’ils s’exprimaient au nom d’un seul parti.
L’économiste Mahmoud Ben Romdhane, parlant au nom du parti Ettajdid, a exhorté l’Etat à intensifier les investissements dans les domaines où le privé n’a aucune chance de réussir. Il parlait des projets qui concernent l’infrastructure comme les ponts, les chaussées, l’électricité et les barrages. Il a aussi révélé les points forts de son parti, le parcours qu’il s’est tracé pour mettre la Tunisie sur la bonne voie en l’espace de quatre ans. Il a seulement oublié qu’il existe d’autres alternatives qui émanent de tendances qui ne partagent pas sa conception du processus démocratique. Des partis qui ne seront pas épaulés par le G8 à cause de leurs visions jugées passéistes.
Quant à l’homme d’affaires Abdelaziz Dargouth, représentant du parti Ettakattol, président du Centre des jeunes dirigeants (Cjd) affilié à  l’Utica (patronat), a cru devoir préciser: «Depuis que j’ai quitté l’Utica, je respire mieux.» Comme Mustapha Ben Jaafar, secrétaire général d’Ettakatol, il voit le mal partout et ne voit aucune issue pour sortir le pays de son marasme. A la fin de son intervention, il a rappelé cette phrase célèbre chère au président Kennedy: «Ne demandez pas ce que le pays peut vous apporter mais cherchez à savoir ce que vous pouvez réaliser pour votre pays.»
Le représentant du Pdp, Mahmoud Smaoui a préféré parler dans un arabe tunisien, utilisant un ton paternel. Il a eu beau rassurer, ses propositions n’ont pas convaincu. Il a parlé de doubler le montant des allocations familiales, encore faudrait-il trouver les fonds nécessaires pour réaliser de pareilles prestations sociales. Il est très facile pour les candidats aux élections de penser réaliser des exploits en matières de réformes sociales. Au fait,  ils prennent leurs désirs pour de la réalité.

Pour une meilleure justice fiscale
Mustapha Mezghani, d’Afek Tounes, le seul à ne pas s’acharner sur les actions de l’Etat, a évoqué des plans d’action élaborés par l’ancien gouvernement qui ont réussi à changer la physionomie de certaines régions du pays. Il propose entre autres de réviser le code fiscal afin que les démunis ne payent plus pour les riches. Il a surtout exhorté les Tunisiens à s’acquitter de leur devoir national celui de payer les impôts à temps. Il n’y a aucun intérêt à amender le code fiscal si la majorité des contribuables, surtout les plus riches, trouve le moyen de déserter les guichets des recettes de finance.
Les représentants des différents partis exigent beaucoup de l’Etat. Ils veulent que l’Etat soit l’initiateur, le régulateur et le bailleur de fonds de tous les projets. Ils oublient que, dans un avenir pas lointain, ils feront peut-être partie de ce même gouvernement qu’ils critiquent aujourd’hui si sévèrement. L’on se demande s’ils auront le même comportement quand ils seront au pouvoir.
Ali Ben Mabrouk
* Tunis Dauphine, antenne de l’Université Paris Dauphine à Tunis, sise à El Omrane, qui s’appelait précisément dans le temps Franceville, est un institut privé de formation en économie, gestion et mathématiques appliqués. A l’issue de la licence les étudiants de cet établissement ont la possibilité de poursuivre leurs masters à Paris ou à Tunis.

     

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