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Tunisie. Qui veut empêcher le jugement des collaborateurs de Ben Ali?

5

avril

2011

à 09:02


C’est la question que se pose un collectif d’avocats, qui a déposé une plainte contre l’ex-président et une dizaine de ses collaborateurs, estimant que le gouvernement provisoire ne semble pas pressé de rompre avec l’ancien régime.


Parmi les responsables de l’ancien régime poursuivis par le collectif des 25 avocats, on citera Abdelaziz Ben Dhia, Abdallah Kallel, Abdelwaheb Abdallah, Rafik Belhaj Kacem, Ahmed Friaâ, Mohamed Ghariani, Zouhaïer Moudhaffar, mais aussi l’ex-Premier ministre Mohamed Ghannouchi.

Des procédures inexplicablement lentes
Les avocats membres du collectif ont expliqué, au cours d’une conférence de presse, samedi, au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), que le retard pris par le pouvoir politique provisoire pour prendre des mesures décisives les a obligés à engager des actions en justice, bien que la traduction en justice est du ressort du ministère public. Ils soulignent, dans ce sens, que la rupture avec le système de corruption financière et de tyrannie politique fait partie des objectifs de la révolution du peuple tunisien.
Ces avocats, qui ont déposé des plaintes en justice concernant la corruption politique et financière, les meurtres délibérés, durant les mouvements de protestation de la révolution, estiment que le gouvernement de transition continue d’ignorer et d’occulter les véritables responsables des abus ayant nui à la Tunisie, durant 23 ans, et de ralentir les investigations.
Ils reprochent aussi au ministère public de ne pas contribuer à démasquer les personnes impliquées et de ne rien faire pour engager des poursuites contre les symboles de la corruption. Ils demandent au ministère public, à l’instruction et au ministre de la Justice d’assumer leur responsabilité légale et historique, en prenant les mesures nécessaires pour consacrer le principe de l’indépendance de la justice.
Le groupe d’avocats affirme, par ailleurs, avoir agi en réponse aux revendications du peuple tunisien, pour dévoiler tous les aspects de la corruption et demander des comptes à ceux qui en sont responsables, dans le cadre de procès équitables, loin de tout esprit de vengeance, en garantissant aux accusés le droit à la défense, et ce dans le cadre de l’édification d’un Etat civique moderne, fondé sur les principes de la véritable citoyenneté, de la primauté de la loi et de l’action des institutions.
Au sujet de la corruption politique et financière, le «Groupe des 25» a saisi les juridictions pénales contre des membres de la direction du Rassemblement constitutionnel démocratique (Rcd) dissous et d’anciens ministres les accusant d’avoir commis des crimes réprimés par les articles 95 et 96 du Code pénal. A la suite de ces plaintes, dix parmi ces membres ont été convoqués par le juge d’instruction.

Mohamed Ghannouchi non convoqué
Le juge d’instruction avait procédé à l’audition de trois accusés, qui sont Abdelwaheb Abdallah et Abdelaziz Ben Dhia, les anciens conseillers du président déchu, et Abdallah Kallel, ancien président de la Chambre des conseillers, et émis des mandats de dépôt à leur encontre.
Un plainte pénale a, par ailleurs, été déposée contre le président déchu et Mohamed Ghannouchi, l’ex-Premier ministre, mais le ministère public du tribunal de première instance de Tunis s’est contenté de convoquer Zine El Abidine Ben Ali, en fuite, devant le juge d’instruction et «a omis de le faire, sans raison légale, pour l’ancien Premier ministre», comme l’ont indiqué les avocats.
Concernant les meurtres avec préméditation, le «Groupe des 25» a déposé une plainte pénale contre le président déchu et les deux anciens ministres de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem et Ahmed Friaa, ainsi que certains officiers supérieurs du ministère de l’Intérieur pour meurtres prémédités et incitation au désordre et au pillage, et ce conformément aux articles 204 et 72 du Code pénal.
A ce propos, le ministère public a décidé, le 9 février, l’ouverture d’une enquête contre le président en fuite et Rafik Belhaj Kacem, seulement, alors qu’Ahmed Friaa occupait le poste de ministre de l’Intérieur, lors de l’assassinat du martyr Atef Labbaoui, le 13 janvier.

Kapitalis (avec agence Tap).

     

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