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Politique: Hamadi Jébali part en guerre contre Moncef Marzouki

27

avril

2015

à 11:30

Moncef Marzouki et Hamadi Jebali Banniere

Pourquoi Hamadi Jébali réserve-t-il l'essentiel de ses flèches acérées à Moncef Marzouki? Pourquoi ce dernier est-il devenu son principal rival?

Par Marwan Chahla

Quasiment oublié, Hamadi Jébali, l'ancien chef de gouvernement islamiste, a refait surface pour annoncer son retour de «rassembleur de l'opposition» et mettre en garde contre l'obsession électoraliste de ceux qui souhaitent repartir à la reconquête du pouvoir. Moncef Marzouki est, on l'a compris, la personne visée.

Hamadi Jébali, ex-secrétaire général du parti islamiste Ennahdha et ancien Premier ministre provisoire de décembre 2011 à mars 2013, a fait vite de dégainer, au lendemain de la reprise de service de l'ancien locataire du Palais de Carthage, Moncef Marzouki, pour dire que, lui aussi, il a son mot à dire.

Un rassembleur de l'opposition en cache un autre

Lors d'un meeting à Sfax, samedi 25 avril 2015, Hamadi Jébali a déploré «l'état d'éparpillement et d'absence dans lequel se trouve l'opposition, qui ne s'est jamais remise du choc de sa défaite électorale, et sa présence faible au sein de l'Assemblée des représentants du peuple. Cette situation est plus qu'embarrassante».

Il souligne que sa démarche n'est en rien une tentative visant à contrecarrer l'initiative du 7arak (Mouvement du peuple des citoyens) de Moncef Marzouki – celui qu'il continue de décrire comme son «ami de toujours».

Pour M. Jébali, il y a urgence immédiate pour que cette «opposition» se ressaisisse et se rassemble, et «elle a également besoin de fixer son objectif et de définir les priorités pour atteindre ce but.» Il explique que ce qui le sépare de M. Marzouki, ce sont tout simplement les méthode et approche politiques de ce 7arak et souhaite, pour l'instant, s'accorder plus de temps de réflexion pour étudier cette nouvelle initiative de l'ex-président de la république.

Hamadi Jébali propose la formation d'un «front pour la défense des libertés.» Il avertit qu'il y a un grand risque que certains «calculs étroits» ne viennent se mêler aux efforts de ressaisissement des vaincus d'octobre et décembre derniers. «Soyons précis, ajoute-t-il. Il y a, par exemple, les calculs qu'entretiennent certains au sujet des prochaines élections présidentielles. Tout monde s'affaire autour de cette question (de la présidentielle de 2019, Ndlr). Tout le monde s'agite avec en tête cette idée d'être le prochain président de la république. Tout le monde veut être leader... et rassembler les autres autour de sa personne. Pour ce qui me concerne, je n'ai pas quitté Ennahdha pour aller à la recherche d'un petit coin où me caser, ni d'une personne à suivre – qui qu'elle soit.»

Pourquoi alors l'a-t-il fait? N'est-ce pas pour espérer brasser plus large et se présenter comme le rassembleur de tous les Tunisiens, sachant qu'une bonne partie de ces Tunisiens tient désormais en horreur ses «frères» islamistes?

S'il ne brigue pas la présidence et ne vise pas à rassembler l'électorat hostile à l'alliance Nidaa Tounes-Ennahdha, pourquoi M. Jebali réserve-t-il l'essentiel de ses flèches acérées à l'ex-président provisoire Moncef Marzouki? Pourquoi ce dernier est-il devenu son principal rival? N'est-ce pas parce que les deux hommes chassent le même «gibier» électoral : les islamistes déçus par Ennahdha et les anti-Nidaa Tounes?

M. Jébali devra un jour nous éclairer sur les motivations, réelles et profondes, qui l'ont incité à prendre ses distances vis-à-vis d'Ennahdha, au risque de devenir un électron libre et... isolé.

Ce n'est pas lui, c'est moi...

«Ce que je recherche, c'est une personne qui se respecte et qui respecte les autres personnes avec lesquelles elle traite, c'est-à-dire une personne qui établit des relations saines avec les autres et qui définit clairement ses priorités. Et, aujourd'hui, nos priorités, ce sont les priorités de notre pays, et non pas les élections présidentielle, législatives ou municipales. Chaque chose en son temps», a déclaré M. Jébali, dans un langage codé, dont il n'est pas difficile d'imaginer la cible. N'est-ce pas à l'adresse de Moncef Marzouki que l'ex-dirigeant d'Ennahdha décoche cette flèche?

Parions, donc, que sur ce terrain de l'opposition de droite, avec toutes ses tendances idéologiques conservatrices et autres, il y aura des empoignades, des divorces et des réconciliations. Le paysage politique, en pleine effervescence, va connaitre de nouvelles ruptures et de nouveaux alignements, au gré des ambitions et des égocentrismes de petits «zaïm» sans envergure et, surtout, sans foi.

     

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