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Tunisie-Histoire: Il y a 30 ans mourait Fadhel Sassi, martyr des «émeutes du pain»

4

janvier

2014

à 09:30

fadhel sassi banniere jellaz 1 4

Le parti Al Watad (gauche radicale) a célébré, vendredi 3 janvier, le 30e anniversaire de la mort de Fadhel Sassi, tombé sous les balles de la police, le même jour de 1984, au cours des «émeutes du pain».

Par Yüsra N. M'hiri

Fin décembre 1983, suite à une demande du Fonds monétaire international (FMI) visant à stabiliser l'économie nationale, le gouvernement tunisien annonce l'annulation des subventions des matières premières (semoule, farine, sucre, huile, lait, tomate concentrée...), ce qui a provoqué une hausse brutale des prix du pain et autres matières de premières nécessité.

«Il aimait les pauvres et les couches populaires»

Les Tunisiens, dont le pouvoir d'achat est affecté par la crise économique induite par la haute des prix de pétrole, se révoltent contre cette décision. Les premières réactions ont lieu dans le sud, notamment El Hamma, Gabès et, au nord-ouest, à Kasserine. Puis c'est la capitale Tunis qui s'embrase. L'état d'urgence et le couvre-feu sont décrétés, le 1er janvier 1984. Les émeutes se poursuivent et l'armée et la police répriment les manifestants en recourant aux tirs de sommation.

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Hamma Hammami, entouré de Jilani Hammami et Zied Lakhdhar, serre dans ses bras la mère de Fadhel Sassi, vendredi 3 janvier 2014.  

Parmi les jeunes ayant trouvé la mort, il y avait Fadhel Sassi, un étudiant de 27 ans, qui donnait des cours à Sfax, en parallèle à ses études. Ce militant du Parti des patriotes démocrates unifié (Watad) n'a eu cesse de défendre les droits des classes déshérités. Il organisait des tables-rondes à la Faculté des lettres de Manouba pour renforcer l'esprit patriotique chez les jeunes et leur enseigner leurs droits et devoirs pour aspirer à une vie digne. «Il aimait les pauvres et les couches populaires. El rêvait d'un bonheur partagé par toute l'humanité et d'une parfaite justice entre les hommes», témoigne Nizar, l'un de ses camarades.

Pour rendre hommage à Fadhel Sassi, le parti Watad a organisé, vendredi 3 janvier, une journée de commémoration. Le premier rendez-vous a été donné à 10 heures au cimetière du Jellaz à Tunis. Puis un rassemblement s'est tenu devant l'hôtel El-Hana, à l'avenue Habib Bourguiba, là où était tombé Fahdel Sassi, 30 ans plus tôt. Une manifestation culturelle s'est tenue ensuite pendant toute l'après-midi à la Maison de Culture Ibn Rachiq à Tunis, à quelques pas de là.

Zied Lakhdhar, secrétaire général Parti des patriotes démocrates unifié (Watad), a indiqué à Kapitalis que son parti a tenu à célébrer cet anniversaire en hommage à ceux qui se sont donnés pour la patrie.

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L'année dernière, Chokri Belaïd était là, avec la mère de Fadhel Sassi, au 29e anniversaire du martyr du Watad: il sera tué, à son tour, un mois plus tard. 

«L'année dernière, Chokri Belaïd était là, lui aussi»

Le parti Watad a perdu beaucoup de ses hommes dans les combats qu'il a mené pour la liberté et la justice en Tunisie, notamment Mohamed Hamani, en décembre 1983, «pendu à Kerkennah par les milices de Mohamed Mzali», selon les termes de Zied Lakhdhar, Fathi Fallah, Amar Al Alibi, Kamel Sebaï et Fadhel Sassi, tués lors des émeutes du pain. «Sans oublier Chokri Belaïd! L'année dernière, à cette même date, mon camarade était à mes côtés. Malgré les menaces de mort dont il était l'objet, il a tenu à célébrer avec nous le 29e anniversaire de la mort du militant Sassi. Son absence nous a beaucoup pesé, aujourd'hui, devant l'hôtel El-Hana», déclare Zied Lakhdhar. Et d'ajouter: «Nous comptons nos morts, mais nous continuons le combat. Car 30 ans après la mort de Fadhel Sassi, nous sommes à la case départ et nous luttons encore pour les réformes structurelles, la démocratie et la liberté. Quels que soient les menaces, le parti Watad ne lâchera pas prise».

Les «émeutes du pain», rappelons-le, se sont déroulées entre le 27 décembre 1983 et le 6 janvier 1984. Ils se sont soldés par 143 morts (chiffre officiel en-deçà de la réalité, estiment certains historiens) et un millier d'arrestations. Elles ont pris fin, lorsque l'ancien président Habib Bourguiba a déclaré à la télévision que les augmentations du prix du pain sont annulées.

Illustration: La mère de Fadhel Sassi dépose une gerbe de fleurs sur la tombe de Chokri Belaïd, au cimetière du Jellaz, vendredi 3 janvier 2014. 

     

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