Tunisie : Rached Ghannouchi et Béchir Ben Hassen d’accord sur toute la ligne

2

février

2013

à 14:48

Bechir Ben Hassen  Tunisie Une vidéo fuitée sur les réseaux sociaux montre un entretien téléphonique entre le prédicateur salafiste Béchir Ben Hassen et Rached Ghannouchi à propos d'un projet de référendum sur l'application de la charia en Tunisie. Très instructif... Vidéo. 

 

 

«C'est le député Habib Ellouze qui m'a passé vos coordonnées téléphoniques et je me permets aujourd'hui de vous demander d'ordonner ce référendum car même ceux qui ne font pas les prières ou sont carrément non pratiquants ne demandent que cela. Il faut saisir l'occasion, tant que nous sommes au pouvoir. Nous sommes un seul corps et dans le même camp et c'est ce que je pense. Nous sommes d'accord avec M. Ellouze sur cette question», a dit le prédicateur salafiste wahhabite au chef d'Ennahdha, parti au pouvoir, dans cet entretien dont la date n'est pas indiquée, mais que l'on peut situer au 1er trimestre de 2012, c'est-à-dire les premiers mois de la prise du pouvoir par Ennahdha, lorsque ses députés ont commencé à poser cette problématique avec insistance au sein de l'Assemblée nationale constituante (Anc).

Béchir ben Hassen a également expliqué à son interlocuteur qu'avec «ceux qui gouvernent avec nous, aujourd'hui, la partie n'est pas gagnée (faisant allusion au deux autres partis de la coalition au pouvoir, le CpR et Ettakatol, Ndlr). Tant que nous avons le pouvoir, nous devons le faire le plus rapidement possible. Et si on n'inscrit pas tout de suite les lois de la chariâ dans la constitution, les partis de gauche vont influencer l'Occident. Et ils ne céderont pas et tiendront au Code de statut personnel».

La réponse de M. Ghannouchi est, comme on pouvait s'y attendre, qu'il ne faut pas brûler les étapes, car le peuple n'est pas encore prêt, et que la chariâ va être introduite par étape. «Il y a devant les islamistes un long parcours, donc patience», a dit le président du parti Ennahdha, qui trahit ici le véritable programme de son parti, celui d'une république islamique de Tunisie. Ainsi que sa parfaite complicité avec les extrémistes religieux de tous bords.

Z. A.

Vidéo.