Le Centre méditerranéen des énergies renouvelables (Medrec) et l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (Anme) ont organisé, hier, une conférence consacrée au projet tuniso-italien Elmed.


La conférence, qui s’est tenue vendredi à Gammarth, dans banlieue nord de Tunis, avait pour thème: «Le projet d’interconnexion électrique tuniso-italien (Elmed): potentiel des énergies renouvelables et cadre réglementaire».
Elle a permis aux experts et représentants d’entreprises italiennes et tunisiennes du domaine, de passer en revue les études relatives à l’évaluation, dans le cadre du projet Elmed, de la capacité maximale de production d’électricité de sources d’énergies renouvelables (Res) non programmables, et connectables au réseau de transport de la Tunisie, conformément aux prescriptions de sécurité et de qualité.
Autre axe de la conférence: l’analyse du cadre institutionnel et réglementaire tunisien permettant l’application de l’article 9 de la directive européenne 2009/28/CE du 23 avril 2009 relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie électrique produite à partir des énergies renouvelables pour l’exécution du projet Elmed.

Impact sur le système tunisien de transport d’énergie

La première étude visait à évaluer l’impact de la mise en service de la nouvelle centrale électrique Elmed sur le système tunisien de transport et à identifier, le cas échéant, les moyens devant renforcer le réseau national (nouvelles lignes, transformateurs d’interconnexion…). Elle vise également à évaluer la capacité maximale de production d’électricité de Res non programmables qui peut être connectée au système tunisien.
La deuxième étude s’articulait autour de l’analyse de la régulation du marché électrique en Tunisie (autorisation de la production destinée à l’exportation, définition des critères d’accès au marché international…), de la réglementation tunisienne dans le domaine de l’environnement et des engagements de la Tunisie sur le plan international (évaluation de l’impact environnemental pour les installations électriques, contrôle de l’efficacité énergétique…), en plus de l’examen des critères à remplir pour que la production renouvelable tunisienne, une fois importée en Italie, puisse bénéficier d’une aide italienne conformément à l’article 9 de la directive 2009/28/CE.

Favoriser l’exportation de l’électricité verte vers l’Europe
Les résultats de ces études ont permis de formuler les recommandations relatives au cadre réglementaire adéquat du marché électrique visant à favoriser l’exportation de l’électricité verte, ainsi que les conditions d’exploitation de l’interconnexion par la société mixte Terna-Steg et le cadre institutionnel requis pour la certification de la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, a souligné M. Abdelaziz Rassaa, secrétaire d’Etat, chargé de l’Energie renouvelable et des Industries alimentaires, dans son allocution d’ouverture de la conférence.
Le secrétaire d’Etat a, par ailleurs, affirmé que le projet Elmed, avec ces deux composantes (pôle de production de 1200 Mégawatts dont 800 Mw à exporter vers l’Italie et sa ligne sous-marine d’interconnexion de 1000 Mw) est l’un des grands projets d’infrastructure visant à développer un réseau d’échanges électriques, notamment, en électricité verte, depuis le sud de la Méditerranée vers l’Europe. Il a ajouté que 200Mw de la ligne de l’interconnexion seront disponibles pour le transport de l’électricité à partir des énergies renouvelables depuis la Tunisie vers les marchés italien et européen.

Vers un marché régional de l’énergie verte

M. Rassaa a également relevé que le projet d’interconnexion tuniso-italien constitue un maillon stratégique pour les projets d’énergies renouvelables notamment ceux inscrits dans le cadre du Plan solaire méditerranéen (Psm), relevant que ce projet offrira aux investisseurs potentiels une meilleure visibilité sur les incitations mises à leur disposition en vue de développer un marché régional de l’énergie verte.
Sur le plan national, le secrétaire d’Etat a affirmé que le projet Elmed ne manquera pas d’améliorer la sécurisation du réseau tunisien, d’identifier les conditions techniques requises pour l’intégration du marché maghrébin de l’électricité dans le marché européen et de favoriser la commercialisation en Italie de certificats verts, produits en Tunisie. Il a précisé que la réalisation du pôle de production Elmed va doter la Tunisie de 400 Mw supplémentaires pour répondre aux besoins d’électricité du marché local.
M. Rassaa a mis l’accent, par ailleurs, sur l’intérêt qu’il y a à identifier de nouveaux mécanismes de financement dans le cadre de la coopération internationale, en raison de l’importance des investissements dans ce domaine et de la rentabilité limitée de cette activité comparée aux sources traditionnelles d’énergie (gaz naturel..), rappelant que le Fonds des technologies propres de la Banque mondiale a consacré 40 millions de dollars pour le financement de la participation de la Steg dans l’interconnexion.
Mme Shmashad Akthar, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Mena, a fait état, pour sa part, de la disposition de la Banque à soutenir la Tunisie dans ses programmes de promotion énergétique, notamment à partir d’énergies renouvelables et passé en revue, dans ce cadre, les différents mécanismes de financement et plans d’investissement qu’offrent la Banque mondiale dans ce domaine.

Une plus grande intégration entre l’Europe et le Maghreb
Elle a relevé que le projet Elmed, fruit d’une coopération réussie entre la Tunisie et l’Italie, constitue un cadre propice pour une plus grande intégration entre l’Europe et le Maghreb dans le domaine des énergies renouvelables.
Pour sa part, M. Corrado Clini, directeur général au ministère italien de l’Environnement et de la Tutelle du territoire et de la mer, a indiqué que le projet Elmed constitue une première étape d’un processus régional qui pourrait être exporté vers d’autres pays tels que la Libye, l’Algérie et l’Egypte, soulignant l’intérêt qu’il y a à procéder à une évaluation du potentiel d’investissement dans la région.

 

Source : Tap.