Soutenir l’effort de prospection des hydrocarbures, de maîtrise de la consommation énergétique et de développement des énergies renouvelables sont les principaux axes de la stratégie tunisienne dans ce domaine.


«Le sol tunisien n’a pas encore livré tous ses secrets et le développement technologique rapide en matière de recherche et de prospection ouvrent de nouvelles perspectives importantes», a expliqué le Premier ministre, M. Mohamed Ghannouchi, à l’ouverture de la Conférence internationale sur le Plan solaire tunisien, qui se tient aujourd'hui et demain à Gammarth, au nord de Tunis, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des représentants de plusieurs pays, des structures de financement et des associations actives dans le domaine énergétique.

 

Soutenir l’effort d’exploration
Les efforts de la Tunisie sont axés sur le développement de la législation en matière d’octroi des concessions dans les domaines de la recherche et de la prospection des hydrocarbures, en vue de renforcer la capacité du pays à attirer des compagnies pétrolières mondiales, a indiqué M. Ghannouchi.
Il a rappelé que jusqu’à fin 2009, 54 permis de prospection pétrolière ont été octroyés, contre 41 en 2005. Le nombre de puits programmés au cours de l’année en cours a atteint 30 contre 14 en 2005. Le nombre des compagnies actives dans le secteur est passé de 46 à 62 au cours de la même période et 30 nouvelles découvertes ont été réalisées entre 2005 et 2010, ce qui a permis d’améliorer les ressources nationales d’hydrocarbures. Le gouvernement espère ainsi atteindre une production de 10 millions de tonnes en 2014, grâce à l’exploitation des champs gaziers.
Le Premier ministre a, ensuite, évoqué le deuxième axe de la stratégie tunisienne en matière d’énergie, à savoir la rationalisation de la consommation, mettant l’accent sur les grands efforts déployés dans le cadre d’un programme complémentaire basé sur le diagnostic énergétique obligatoire pour les entreprises à consommation énergétique élevée, l’encouragement des entreprises à acquérir et à utiliser les équipements économes en énergie et l’interdiction de l’utilisation des équipements électroménagers à consommation excessive d’énergie, en plus de l’incitation à mettre en place des chauffe-eau solaires et de l’ajustement périodique des tarifs des hydrocarbures et de l’électricité dans le but de rationaliser la consommation.

Rationalisation de la consommation énergétique
Ce programme, qui comprend aussi des campagnes de sensibilisation à l’économie d’énergie, a permis de réaliser des résultats positifs entre 2004 et 2009. La consommation d’énergie a ainsi évolué de 1,7% par an, soit moins de 2,5 points de la croissance du Pib, ce qui a favorisé la réduction de l’indicateur de densité énergétique et d’économiser 12% (1,1 million de tonnes équivalents pétrole, Tep) au niveau de la demande d’énergie primaire.
Cette orientation va être renforcée, a expliqué M. Ghannouchi, étant donné que l’indicateur d’efficacité énergétique, estimé actuellement à 300 kilogrammes équivalent pétrole (Kep) pour la production de 1.000 dinars de Pib, dépasse encore le niveau enregistré par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde), regroupant les pays développés. L’objectif pour 2016, est, donc, de réduire cet indicateur, à 275 Kep/1.000 dinars.
Cap sur les énergies renouvelables
Le troisième axe, a poursuivi le Premier ministre, concerne les énergies renouvelables et notamment les énergies éolienne et solaire, qui représentent  l’unique alternative aux énergies traditionnelles (pétrole et gaz), appelées à s’épuiser au cours de ce siècle. Pour préparer l’ère de l’après-pétrole, la Tunisie a d’ailleurs mis en place un programme complémentaire de promotion des énergies alternatives et renouvelables, a rappelé M. Ghannouchi.
Le premier ministre a ensuite passé en revue les objectifs ambitieux du programme présidentiel pour 2014 dans ce domaine, à savoir le développement de la production d’électricité, à partir des énergies renouvelables de 55 Mégawatts (MW) en 2009, à 144 MW à la fin de l’année en cours et ensuite à 1.000 MW en 2016, soit l’équivalent de 16% de l’énergie électrique.
Les études réalisées évaluent le potentiel d’exploitation de l’énergie éolienne, solaire et organique en Tunisie à 4.700 MW dont 1.700 d’énergie solaire et 1.800 d’énergie éolienne, a précisé le Premier ministre. Il a fait savoir que la Tunisie a opté pour la valorisation des énergies vertes, suite au développement des technologies énergétiques (solaire et éolien) avec pour corollaires une plus grande efficacité énergétique et un coût plus faible, et ce, à un moment où les prix des hydrocarbures connaissent un trend haussier, ce qui augure, une convergence des coûts d’électricité produite par les différentes sources d’énergie (pétrole, gaz, énergies vertes, nucléaire...), et ce, à l’horizon 2016-2020.

Développer l’expertise nationale
Le Premier ministre a mis l’accent sur l’intérêt qu’accorde la Tunisie à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre d’une stratégie cohérente fondée sur le développement d’expertises nationales dans ce domaine, relevant que notre pays ne veut pas se limiter au simple statut d’importateur d’équipements d’énergies renouvelables. La Tunisie compte en effet, actuellement, 8 établissements supérieurs de formation dans des spécialités qui répondent aux besoins futurs du pays dans ce domaine.
La stratégie adoptée repose, également, sur le développement de la recherche scientifique, comme en témoigne la volonté de faire du technopôle de Borj Cedria un centre spécialisé dans la recherche et le développement des énergies renouvelables, en collaboration avec le Japon et l’Union européenne. La création, en partenariat avec le Japon, d’une centrale thermo-solaire constitue l’un des plus importants programmes engagés dans ce domaine.
L’expertise acquise en matière de promotion des énergies renouvelables va aider la Tunisie à intégrer et à adhérer, dans de bonnes conditions, à des initiatives internationales, à l’instar des initiatives européennes Desertec et Transgreen et japonaise Sahara Solar Breeder (SSB), a souligné le Premier ministre.
La participation des représentants de ces initiatives à la Conférence internationale sur le Plan solaire tunisien reflète le souci commun d’explorer de nouvelles opportunités de coopération dans le domaine des énergies renouvelables, plus particulièrement l’énergie solaire, créneau qui présente un grand potentiel à la production en Tunisie et au sud de la Méditerranée en général, et est à même de répondre, partiellement, aux besoins énergétiques de l’Europe.
Par ailleurs, la signature de l’accord tuniso-italien pour la mise en place d’une interconnexion électrique entre les deux pays s’inscrit dans cette optique, ainsi que la création d’une société mixte pour l’installation d’un câble sous-marin d’une capacité de 1.000 MW, dont une partie verte, essentiellement, de l’énergie solaire.
M. Ghannouchi a indiqué que la stratégie de promotion des énergies renouvelables a, également, pour composante, le développement d’une industrie dans ce domaine, le but étant de tirer profit des progrès technologiques accomplis en la matière, d’y stimuler les investissements, de booster la croissance et de créer des emplois au profit des diplômés du supérieur. Il a rappelé, à cet effet, la création de 4 unités de production de composants de capteurs photovoltaïques et de 8 unités de fabrication des chauffe-eau solaires en appui au programme visant l’installation de 80.000 mètres carrés de panneaux solaires par an.
Le Premier ministre a relevé que le programme de promotion de l’énergie éolienne en Tunisie a permis d’accroître la valeur ajoutée de cette filière énergétique de 40%.
La politique adoptée par la Tunisie dans le domaine des énergies renouvelables s’inscrit dans le cadre de la dynamique que connaît le monde en matière de maîtrise de l’énergie, de promotion des énergies vertes et de réduction des émissions de carbone, afin de réaliser les objectifs de développement durable, a conclu le Premier ministre.

Source : Tap.

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