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Tunisie-Economie: Le salon Texmed, vitrine du textile-habillement méditerranéen

7

octobre

2013

à 11:33

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Nouvelles technologies, beaucoup de créativité, forte participation étrangère, importante présence de la Turquie, mais pas assez de visiteurs au 14e Salon euro-méditerranéen de l'habillement (Texmed, 2-4 septembre).

Par Zohra Abid

Au total, 180 exposants Tunisiens et plus de 30 exposants étrangers regroupant toutes les filières du secteur du textile-habillement – allant du fashion au sourcing en passant par les machines, les services logistiques et l'emballage – se sont donné rendez-vous au Parc des expositions du Kram.

Bonne organisation mais pas assez de visiteurs

«L'organisation est impeccable et il n'y a rien à dire là-dessus. Surtout après le changement de la date. Auparavant, c'était toujours en juin et ce n'était vraiment pas la période propice. C'était presque déjà les vacances et il y avait comme un relâchement dans le métier. En cette période creuse, le salon ne servait pas à grand-chose. On a donc très bien fait de changer la date... A long terme, ça va finir par payer», affirme Slim Skhiri, représentant de la société japonaise Yoshida (YKK), leader mondial des produits et accessoires d'attache. L'usine est située à Sidi Abdelhamid à Sousse et fait travailler 60 employés.

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Izzet i. Varon, à gauche, jeune industriel au pavillon turc.

YKK, implantée en Tunisie depuis 1997 n'a pas été affectée par la crise. «Notre chiffre d'affaires a même augmenté de 20%, malgré la conjoncture nationale et mondiale plutôt difficile», se félicite M. Skhiri.

Pour l'industriel tunisien, Texmed 2013 est beaucoup mieux organisée que les précédentes cessions. Et pour cause : «Les organisateurs ont fait un sacré effort en s'inspirant des salons étrangers où l'on trouve un hall réservé aux façonniers, un autre hall aux accessoires puis un autre aux machines». Seul bémol, ajoute, M. Skhiri, «malgré la pub, les affiches placardées partout et les efforts des organisateurs, il n'y a pas eu assez de visiteurs. Mais ceci est à l'image du pays et c'est une situation passagère».

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La Portugaise Maria-José Dias présente les produits de sa société Le Fil-à-coudre, basée à Zaouia, près de Sousse.

Non loin du stand YKK, se trouve celui de la société Le fil-à-coudre, implantée depuis 6 ans à Zaouia, à Sousse. «Nous ne faisons pas de l'industrie. Le fil est fabriqué au Portugal et nous le commercialisons ici. Nous le vendons en exclusivité pour les sociétés exportatrices opérant dans le cadre de la loi 72», précise Maria-José Dias.

Griffes et marchés haut de gamme

Khaled Ben Hamadou fait lui aussi du commerce. Sa société Totexim vient d'être créée. Il y a tout juste un mois. «Malgré la conjoncture difficile, j'ai choisi de rentrer au pays pour faire du commerce de gros. Je distribue les produits de la marque turque Penti, spécialisée dans les collants», raconte M. Hamadou qui, avant de se convertir dans le commerce de l'habillement, était chef pâtissier à Paris pendant 12 ans. Il a dû changer de métier «dans le but d'apporter un plus à mon pays après la révolution et participer à créer des emplois en dehors de la restauration», dit-il.

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Khaled Ben Hamadou, le chef pâtissier parisien qui crée a société tunisienne de distribution Totexim.

Autre exposant, La Griffe, qui présente une panoplie d'étiquettes, c'est la spécialité de cette société, dirigée depuis 1989 par Slaheddine Ktari. «Nous faisons des étiquettes tissées ou imprimées pour la Tunisie et pour l'étranger. Nous exportons en Egypte et en Europe», explique l'hôtesse du stand. La Griffe est implantée à Borj Cedria, emploie 300 personnes et tout va bien, car la demande est au rendez-vous. «En plus de nos clients habituels, on a eu plusieurs contacts européens au cours du salon», précise encore la jeune dame.

Des affaires à conclure

Des contacts, il y en a eu. Plusieurs même, nous dira Izzet i. Varon, un jeune Turc qui expose à côté de ses compatriotes au pavillon réservé au pays d'Erdogan. Eux sont comblés, car ils ont commencé à faire des affaires. La qualité de leur tissu en denim pour le jean plaît énormément aux Européens du Sud. Autour d'une table, des hommes, des échantillons et des marchés. Déjà !

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Le Turc Hakan Gül 'attendait à un plus grand nombre de visiteurs.

Si Izzet et ses voisins étaient contents, Hakan Gül semble déçu. Très déçu même. Selon lui, il n'y a pas eu assez de visiteurs. «J'ai cru que j'allais faire des affaires, car le salon représente les industriels de tout le sud de la Méditerranée. Il n'y a pas autant de visiteurs que je l'ai imaginé. Quelques contacts avec des Espagnols et des Italiens, mais il reste encore à conclure... Ce n'est pas évident. Il faut dire que la conjoncture mondiale n'est pas bonne... Bon, on s'y fait et on espère des jours meilleurs», dit-il, un brin philosophe.

Ici, on fabrique les uniformes officiels pour la France. Pour la garde présidentielle, pour les sapeurs pompiers et la demande est forte... Là, c'est l'enseigne Dixit de la Marsa. Les clients en raffolent et il y a du monde. La maison tunisienne fait du prêt-à-porter pour Morgan, Promod, Les 3 Suisses, Jaccadi... et la 14e édition de Texmed semble lui ouvrir de nouveaux horizons. L'une des hôtesses du stand se félicite que l'enseigne va gagner de nouveaux marchés. «Des Espagnols, des Italiens et quelques pays nordiques. Ils ont aimé le style, puis la finition de nos modèles les a accrochés», dit-elle.

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Slim Skhiri craint les retombées de la taxe de 10% qui sera imposée aux entreprises totalement exportatrices.

La lingerie et le balnéaire, le sportswear et autres tissu-maille, il y avait de tout dans le salon. Certains stands – pas tous malheureusement – n'ont pas désempli et c'est tant mieux ainsi. «Il faut dire que malgré la concurrence, la Tunisie garde sa place. Certes, les Européens ne commandent plus de grosses quantités, mais 80% du marché des grandes marques fashion sont fabriqués en Tunisie et ce que nous perdons en quantité, nous le gagnons en qualité et prestige. Et ça équilibre les affaires», dit fièrement Slim Skhiri de YKK. Avant de se ressaisir: «Mais ce qui peut donner un coup fatal au secteur du textile et habillement, qui emploie le plus en Tunisie, c'est l'imposition prochaine d'une taxe de 10% sur les sociétés totalement exportatrices, exonérées jusque-là d'impôts. Les Allemands et autres opérateurs étrangers que je connais et qui sont là depuis des dizaines d'années, vont plier bagages et mettre les clefs sous le paillasson si ce projet passe», prévient Slim Skhiri.

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Les machines ont aussi leur rayon.

Un secteur à forte employabilité

L'industriel pense que la Tunisie reste l'un des plus importants pays fournisseurs de l'Europe en textile et habillement, mais il faut éviter les mesures qui risquent de lui faire perdre cette position. «Malgré la situation économique difficile, le secteur a enregistré, durant les 8 premiers mois de 2013, une croissance de près de 7% par rapport à la même période de l'an écoulé. Un peu de patience, et tout ira mieux. Puis la crise, en Tunisie et ailleurs, n'est pas éternelle», dit-il rassurant.

Le secteur textile/habillement compte 1.860 entreprises et fait travailler 179.770 personnes. 1.555 entreprises sont totalement exportatrices et emploient 163.224 salariés. Le secteur est la colonne vertébrale de l'économie tunisienne, en termes d'exportations et d'emplois. Et il exige une attention particulière de la part des pouvoirs publics.

     

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