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Une plante envahissante empoisonne les terres tunisiennes

29

août

2012

à 08:30

altA quand un programme national de lutte contre la morelle jaune, afin de la confiner, réduire son extension et limiter ses effets négatifs sur la production agricole.

 

Par Mohsen Kalboussi*


La morelle jaune, de son nom scientifique, Solanum elaeagnifolium, est une plante pérenne originaire du continent nord-américain (nord-est du Mexique et sud-ouest des Etats-Unis).

L’espèce a envahi nombreux continents, dont l’Australie, l’Amérique du sud, le sud de l’Inde, l’Afrique du sud et le pourtour du bassin méditerranéen. Au Maroc, elle occupe des terrains dont la superficie est estimée à 50.000 hectares.

Cette plante, de la famille des solanacées (la même que celle des piments, courges, pommes de terre…), a été introduite, probablement avec des semences de maïs, dans le domaine d’El-Alem (délégation de Sbikha, Kairouan) au milieu des années 1980.

Une espèce invasive et envahissante

Au départ localisée dans certains secteurs, à El-Alem, elle a eu le temps de se multiplier et se propager pour constituer désormais un fléau qui menace les terres agricoles de la région. En effet, cette plante pousse sur les bords de routes, les lits d’oueds, les champs cultivés de cultures saisonnières ou de céréales, et même en milieu urbain (périphérie de la ville de Kairouan).

La plante est toxique et porte des épines sur ses feuilles et tiges. Ses fruits sont également toxiques et ne sont pas consommés par le bétail. Seules les jeunes pousses sont broutées, notamment après les pluies.

Sa dissémination se fait surtout par l’eau (d’où l’envahissement des lits d’oueds), mais également par les pneus des voitures, les oiseaux et le bétail qui peut ingérer des graines (plantes sèches, fourrage…). Elle occupe actuellement des terres agricoles de l’ensemble de la région de Sbikha, mais également Chebika, Oueslatia… Elle a atteint les gouvernorats de Sousse, Mahdia, Sfax, Sidi Bouzid et Zaghouan.

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Des paysannes tunisiennes et des chercheurs tiennent en main des tiges de morelle jaune.Ph. Eppo Gallery.

Sa dissémination diminue la productivité des terres

Cette espèce est invasive et envahissante, dans le sens où elle colonise différents types de terrains et une grande diversité de sols. En période de sécheresse, ses parties aériennes s’assèchent et, au moindre événement pluvieux, elle repousse à partir de ses racines qui descendent à plus d’un mètre de profondeur. Le labour aide la plante à se disséminer (des fragments de racine de 0,5 cm de longueur à 20 cm de profondeur peuvent régénérer), au point que certains champs sont entièrement couverts par la morelle jaune. Les conséquences de sa dissémination sont une diminution de la productivité des terres, parce qu’elle entre en compétition avec les plantes cultivées, surtout les cultures saisonnières. Au Maroc, on a estimé que les pertes peuvent atteindre 64 % dans des champs de maïs.

L’éradication de l’espèce est très difficile, et son extension vers d’autres régions arides est très probable. Elle risque à terme de réduire la fertilité des zones irriguées en milieu aride, et parfois même l’abandon des terres, comme cela s’est produit au Maroc par exemple.

Un programme national de lutte contre cette espèce, afin de la confiner et réduire son extension, est plus que jamais nécessaire. Idéalement, des travaux de recherche devraient être menés pour mieux connaître cette plante et envisager des moyens de lutte efficaces et sans grands effets négatifs sur l’environnement. Un programme de lutte biologique ou l’utilisation d’un bio-pesticide, permettrait de limiter ses effets et ne pas avoir de conséquences indésirables (empoisonnements, pollution chimique).

A la limite, on pourrait avoir recours à une lutte intégrée pour lutter contre cette plante.

* Universitaire.

     

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