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Note d’information du Fmi sur la Tunisie: «L’espoir est permis»

5

août

2012

à 12:00

Le Fonds monétaire international (Fmi) a conclu, le 25 juillet 2012, les consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie. Voici sa note d’information  au public n° 12/96, relative à la Tunisie, publiée le 3 août.


La révolution de janvier 2011 a marqué le début d’une période historique pour la Tunisie. Après le renversement de l’ancien président, la Tunisie a avancé régulièrement dans sa transition démocratique. L’élection d’une Assemblée constituante en octobre 2011 a été une étape importante. Un nouveau gouvernement de coalition, mené par le Parti islamique (Ennahdha) avec deux partis laïcs, a été formé. L’Assemblée constituante prépare une nouvelle constitution, sur la base de laquelle de nouvelles élections législatives devraient avoir lieu en mars 2013.

Des indicateurs au rouge

Alors que la transition politique continuait de progresser, la Tunisie a connu une grave récession en 2011 accompagnée de troubles intérieurs et dans la région. Le Pib s’est contracté de 1,8 % en termes réels, en raison d’une forte baisse du tourisme et des investissements directs étrangers.

En conséquence du repli économique et du retour des travailleurs tunisiens qui étaient en Libye, le chômage a fortement augmenté pour atteindre 19% en 2011, le chômage des jeunes se situant à 42%. La position extérieure de la Tunisie s’est affaiblie, le déficit du compte courant se creusant nettement, à 7,3 % du Pib en 2011, et les réserves officielles diminuant, de 9,5 milliards de dollars EU fin 2010 à 7,5 milliards de dollars EU à fin 2011. Après une décélération à 3,5% en 2011, l’inflation a augmenté pour atteindre 5,7% en avril 2012 (en glissement annuel).

Les autorités ont suivi une politique expansionniste pour répondre aux revendications sociales et soutenir l’économie. Dans un contexte de hausse des dépenses budgétaires courantes en raison de l’augmentation de la masse salariale, de l’augmentation des subventions aux produits alimentaires et énergétiques et de nouvelles mesures sociales ainsi que de l’accroissement des dépenses d’investissement, et nonobstant une hausse marquée des recettes, le déficit budgétaire global est passé de 1,1% en 2010 à 3,5% du Pib en 2011. En conséquence, le ratio d’endettement public, après une baisse pendant la dernière décennie à 40% du Pib en 2010, est remonté à 44,5% du Pib fin 2011. La politique monétaire a soutenu le crédit bancaire, en injectant d’importantes liquidités et en abaissant le taux d’intérêt directeur.

La contraction de l’activité économique, particulièrement dans le secteur du tourisme, a affecté la qualité du portefeuille des banques. Face à cette situation, la Banque centrale a assoupli ses exigences réglementaires. Elle a autorisé les banques à rééchelonner les prêts accordés aux entreprises touchées par la récession et a injecté d’importantes liquidités dans le système bancaire pour aider les banques dans un environnement de baisse de la performance des actifs. En conséquence, la plupart des banques sont devenues très dépendantes du refinancement de la Banque centrale.

Signes de rebond de l’activité économique en 2012

Des signes d’un rebond de l’activité économique sont apparus au début de 2012: au premier trimestre, le Pib a crû en termes réels de 4,8 % (d’une année sur l’autre) et le tourisme et les investissements directs étrangers (Ide) sont en hausse. Une reprise de la croissance du Pib en termes réels serait aussi soutenue par une importante expansion budgétaire.

Toutefois, les risques à court terme sont élevés et plutôt orientés négativement, dont une récession plus grave que prévu en Europe qui pèserait lourdement sur les exportations, une augmentation des tensions sociales dans le pays qui découragent les investissements domestiques et étrangers, des contraintes de capacités et des retards dans les financements qui risqueraient de freiner la relance budgétaire envisagée pour soutenir la croissance.

Côté positif, une stabilisation rapide de la situation en Libye pourrait raviver la confiance des investisseurs.

Potentiel de croissance favorable à moyen terme

Le potentiel de croissance économique de la Tunisie à moyen terme reste favorable, mais pour libérer ce potentiel, il est nécessaire d’adopter un programme de réformes structurelles pour promouvoir les investissements privés.

La réalisation d’une croissance plus forte et plus inclusive à moyen terme est nécessaire pour diminuer le chômage élevé, particulièrement parmi les jeunes, et pour réduire les disparités sociales et régionales. La croissance en termes réels devrait progressivement atteindre 6% en 2017 dans un scénario de référence prenant pour hypothèse la poursuite de la stabilité macroéconomique, l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires, des réformes du marché du travail et du système éducatif afin de remédier aux asymétries en termes de formation professionnelle, et le renforcement du secteur financier. Pour obtenir une croissance plus forte, il faut aussi mobiliser d’importants financements extérieurs, sous forme notamment d’investissements directs étrangers et d’emprunts par le gouvernement et les entreprises.

Évaluation par le Conseil d’administration du Fmi

Les administrateurs notent qu’après sa transition politique, la Tunisie aura des défis économiques et sociaux urgents à relever, notamment un taux de chômage élevé et des disparités régionales.

Les administrateurs soulignent la nécessité de jeter les bases de la transformation de l’économie et de la promotion d’une croissance plus solide et plus solidaire. Compte tenu des risques auxquels se heurte la reprise économique à cause de l’instabilité de la situation économique et de la faiblesse de l’environnement mondial, les administrateurs estiment qu’il convient d’appuyer l’activité économique, tout en sauvegardant la stabilité macroéconomique.

Les administrateurs estiment que la politique budgétaire pourrait appuyer la croissance et l’emploi à court terme. Globalement, ils considèrent que l’expansion ciblée prévue des investissements publics — s’accompagnant d’une maîtrise des dépenses courantes — est appropriée. À cet égard, ils saluent les efforts déployés par les autorités pour rationaliser la passation des marchés publics et améliorer l’exécution des programmes d’investissements.

Les administrateurs soulignent que le rééquilibrage des finances publiques devrait reprendre à moyen terme afin de préserver la viabilité du budget et de la dette et mettent en exergue la nécessité d’un plan clair de rééquilibrage. Ils se déclarent favorables aux réformes fiscales prévues en vue de renforcer les recettes et de rendre le système fiscal plus équitable et favorable à la croissance. Ils insistent aussi sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques à moyen terme, notamment la masse salariale, et de réformer le système de subventions et des pensions.

Les administrateurs sont favorables au resserrement de la politique monétaire pour contenir l’inflation et se félicitent que la Banque centrale soit prête à relever le taux directeur si les pressions inflationnistes subsistent. Ils soulignent l’importance du renforcement du cadre institutionnel pour la politique monétaire, de même que de la coordination des politiques monétaire et de change.

Les administrateurs signalent qu’une souplesse accrue du taux de change pourrait contribuer à préserver les réserves de change. Ils soulignent la nécessité d’assurer l’indépendance de la Banque centrale dans la conduite des politiques monétaire et de change, de même que pour la supervision bancaire.

Les administrateurs encouragent les autorités à remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire identifiées dans l’Essf. Ils rappellent qu’il est nécessaire de s'attaquer aux questions des prêts non productifs et de la recapitalisation bancaire, et d’améliorer la gouvernance des banques publiques. Ils rappellent aussi l'importance d'aligner la supervision bancaire sur les normes internationales.

Les administrateurs encouragent la Banque centrale à élaborer une stratégie de sortie pour retirer progressivement son important soutien à la liquidité des banques, tout en continuant à satisfaire leurs besoins de liquidités.

Les administrateurs considèrent que des réformes structurelles exhaustives sont requises pour réorienter l’économie tunisienne et exploiter son potentiel pour réaliser une croissance plus élevée et plus inclusive. Eu égard à la nécessité de réduire le chômage, la réforme du marché du travail et du système d’éducation sera cruciale. Il sera aussi important d’améliorer le climat des affaires et la gouvernance pour accroître les investissements dans le secteur privé. Le développement de secteurs à haute valeur ajoutée contribuera à absorber la main-d’œuvre qualifiée.

Les administrateurs mettent en exergue la nécessité de hiérarchiser les réformes, tout en améliorant la capacité de mise en œuvre.

Source : site du Fmi.

   
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