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Tunisie. Les Jcc dévoilent l’autre visage de Hédi Jouini

28

octobre

2010

à 09:01


Les Journées cinématographiques de Carthage (Jcc 2010) célèbrent à leur manière le centenaire de la naissance du grand musicien tunisien Hédi Jouini (1er  novembre 1909-1er novembre 2010), en révélant les rapports peu connus de cet artiste hors pair avec le cinéma.


La section «Cinéma et mémoire: Hommage à Hédi Jouini» projettera, en effet, et pour la première fois, les deux versions de la ‘‘La 7ème Porte’’, un film rare en noir et blanc, réalisé en 1946 par André Zwobada, et dont l’inoubliable auteur, compositeur et interprète a écrit et composé les chansons.
La projection de la version arabe sous-titrée aura lieu au Théâtre Municipal de Tunis, le jeudi 28 octobre, à 18h, et celle de la version française, le lendemain, vendredi 29 octobre, à la Maison de la culture Ibn Rachiq.

Conte fantastique inspiré des légendes populaires
Dans une présentation du film, qu’il qualifie de «beau conte fantastique à la lenteur hiératique et poétique», le cinéaste et historien du cinéma Férid Boughedir souligne que Hédi Jouini avait approché le 7ème art au Maghreb au milieu des années 1940, période durant laquelle il fut invité au Maroc pour être acteur dans le film ‘‘Le Possédé’’ (Al Majnoun) de Jean Bastia et pour écrire et composer les chansons du film ‘‘La 7ème Porte’’ d’André Zwobada (où il fait, par ailleurs, deux apparitions aux côtés de son épouse, la chanteuse tunisienne Widad, qui y interprète ses chansons).
«La participation tunisienne à ‘‘La 7ème Porte’’ fut très importante: outre les chansons de Hédi Jouini et les prestations chantées, jouées et dansées de Widad et de Anissa Jamel, l’adaptation et les dialogues de la version arabe furent confiés au Tunisien Nourreddine Ben Mahmoud, journaliste, poète et directeur de Radio Tunis. Les chansons écrites par Hédi Jouini en langue arabe figurent, ce qui est rare, dans les deux versions du film en étant toute fois plus longues et plus nombreuses dans la version arabe (la chanteuse tunisienne Widad prêtant également sa voix à l’actrice algérienne Keltoum dans la séquence chantée de cette dernière)», écrit Férid Boughedir.
Le cinéaste poursuit: «Les deux versions du film ont été restaurées par les Archives du film du Cnc français à Bois d’Arcy et présentées grâce à l’aimable autorisation de Mme Brigitte Berg de la société Les Documents Cinématographiques (en espérant retrouver un jour l’autre contribution de Hédi Jouini au cinéma ‘‘Le Possédé’’).»
La projection de la version arabe, sous titrée en français, sera précédée du court métrage en cours de réalisation (‘‘Work in progress’’) de Claire Belhassine, la petite fille de Hédi Jouini,  consacré à son grand père et intitulé ‘‘Papa Hédi’’ et par un mini récital a capela de la chanteuse Afifa , fille de Hédi Jouini, ainsi que d’un concert de rue de l’orchestre de son benjamin Adel Jouini, réinterprétant en jazzy des mélodies immortelles de son père. De son côté, son autre fils Naoufel Belhassine, qui a tant fait pour préserver la mémoire du grand musicien, signera pendant le festival, le livre qu’il a consacré à la vie et à la carrière de son père intitulé ‘‘Hédi Jouini, la trace d’un géant’’».

La gloire en chantant
Hedi Jouini est né en 1909 à Bab Jedid à Tunis. Il commence à se produire, dès l’âge de seize ans, dans de petites formations locales. À vingt ans, il chante avec la troupe Arruqi, qui siège à Bab Souika, centre artistique et littéraire de l’époque. Il fait un bref séjour à La Rachidia, troupe spécialisée dans la musique tunisienne. Il fait également partie des artistes du groupe Taht Essour, café dans lequel se réunissait un groupe de bohémiens: poètes, journalistes et chansonniers. Ses compositions légères, «muwashshahs», «dawrs» (genres traditionnels arabes), opérettes, musiques de film et chants patriotiques inondent les ondes de Radio Tunis, qu’il intègre, dès son inauguration en 1938, et y assure un concert hebdomadaire en direct.
Quelques unes de ses chansons, telles “Hobbi yetbaddel yetjadded” (Mon amour change et se renouvelle), “Samra ye Samra” (Brunette ô ma brunette) et “Taht el Yasmina fellil” (Sous l’arbre de jasmin, le soir) sont devenues célèbres à travers le monde arabe.
Durant sa longue carrière, Jouini a composé près de 1.070 chansons et 56 opérettes. Ses chansons aux airs inspirés du flamenco ne cessent de connaître le succès en Tunisie et dans les pays de l’Orient.
En 1966, il est élevé au grade d’officier de l’Ordre de la République par le président Habib Bourguiba. En 1982, il est à nouveau décoré par le président Bourguiba pour l’ensemble de son œuvre et pour sa contribution à l’enrichissement du patrimoine culturel tunisien.
En 1986, il produit sa dernière composition ‘‘Masbarnech’’. Un an après, en 1987, Jouini effectue sa dernière apparition en public sur les planches du Festival international de Carthage. Il décède le 30 novembre 1990.

Y. M.

     

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