M. Afif Chelbi, ministre de l’Industrie et de la Technologie inaugurera, mardi 15 juin, le nouveau site de production de Linde Gas Tunisie dans la zone industrielle de M’ghira, en présence du Dr Fabrizio Elia, président de la région Europe Méditerranée chez Linde, et de M. Hassine Doghri, président du conseil d’administration de Linde Gas Tunisie.

 


Acteur incontournable au niveau mondial, Linde Gas est une multinationale allemande opérant dans 72 pays. Intervenant dans les domaines de l’industrie, de l’alimentaire, de la protection de l’environnement, de la santé ainsi que de la recherche et développement, elle emploie plus de 55.000 collaborateurs à travers  le monde.

Une implantation à deux temps
Linde Gas Tunisie, filiale du groupe allemand, était entrée, en 2006, dans le capital de Tunisie Gaz Industriel (TGI) à hauteur de 60%. Créée par M. Mohamed Sahraoui, TGI avait créé, en 1995, une usine à Soliman, dans la banlieue sud de Tunis, pour la production, le conditionnement et la distribution des gaz de l’air. En 2000, TGI était tombée dans l’escarcelle du groupe la Carte (Compagnie d’assurance et de réassurance tuniso-européenne) dirigé par  Hassine Doghri. En 2008, Linde Gaz Tunisie a racheté les 40% restants du capital de TGI encore détenus par le groupe Carte. Linde Gas Tunisie, qui a des ambitions pour notre pays, cherche, par ailleurs, à développer des projets dans les domaines de la pétrochimie, de la raffinerie, de la sidérurgie et de la métallurgie.
Il convient cependant de signaler que le géant allemand domine le marché des gaz médicaux en Algérie, où il dispose de 21 unités de production: 5 usines de protoxyde d’azote, 4 de production de CO2, 7 de production d’acétylène et 4 de séparation d’air. Il possède aussi dans ce pays un réseau de distribution constitué de 51 dépôts  et 9 unités centrales.
La multinationale allemande, qui a déjà investi en Algérie plus de 136 millions d’euros depuis 2005, s’apprête à y investir 64 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2012. Au total, ses investissements dans ce pays s’élèveront à 200 millions d’euros entre 2005 et 2015. Elle cherche ainsi à remplir ses engagements contractuels. Car, outre le marché algérien où ses principaux concurrents – le français Air Liquide, l’américain Air Product et l’allemand Messer se positionnent loin derrière –, Linde Gas Algérie exporte ses produits vers la Tunisie et la Libye pour environ 800.000 euros en 2009.
La multinationale veut également se placer sur le marché algérien des infrastructures dans le cadre du programme gouvernemental 2010-2014 doté d’une enveloppe de 150 milliards de dollars, nombre de chantiers étant demandeurs de gaz industriels

Les «problèmes algériens» de Linde
Cependant, cette position dominante en Algérie commence à causer des problèmes au géant allemand. Accusé par les pouvoirs publics algériens de ne pas répondre aux besoins du secteur de la santé, Linde Gas Algérie impute la pénurie enregistrée dans ce pays aux retards dans l’attribution des autorisations pour le transport de son produit, le protoxyde d’azote. Par ailleurs, la Pharmacie centrale des hôpitaux  PCH d’Algérie a constitué un stock de 2 ans de protoxyde d’azote importé et envisage de réaliser une unité de production de ce même produit. Ce qui a obligé l’entreprise à ralentir la production et à supprimer des dizaines d’emplois.
La firme allemande a aussi un contentieux avec l’Algérienne des eaux (ADE), qui refuse de  lui payer ses prestations dans la réalisation d’unités de dessalement, sous prétexte qu’aucun contrat n’a été conclu entre les deux parties.
Les «problèmes algériens» de la multinationale allemande sont-ils derrière ses projets de développement dans les autres pays de l’Afrique du Nord, notamment la Tunisie? Non, bien sûr, car l’Algérie reste un maillon important dans la stratégie de développement de la multinationale en Afrique du Nord, une région où elle semble déterminée à s’implanter de manière durable.

Imed B.