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Le paradoxe tunisien ou l'art de tourner en rond

5

mai

2015

à 09:13

Palais du Gouvernement à la Kasbah Banniere

Nos dirigeants politiques tournent en rond dans tous les sens toujours loin du but. Ils sont infiniment petits mais se croient déjà grands par la seule onction des urnes.

Par Mohamed Rebai*

L'on se demande comment trois économies diamétralement opposées des partis qui ont gagné les dernières élections législatives et présidentielle puissent-elles coexister ou cohabiter, sauf peut-être pour préparer les prochaines élections municipales : A- l'économie libérale de Nidaa Tounes; B- l'économie socialiste du Front populaire adossé aux syndicats; et C- l'économie de bazar d'Ennahdha. Et c'est essentiellement pour cette raison que le dossier économique est en stand-by et ne trouve pas preneur depuis quatre ans.

Résultat : (A+B) posent des peaux de banane à C, (A+C) à B et (B+C) à A. Si on ajoute à ces trois formations politiques le peuple tunisien (D), nous obtenons une infinité de positions intermédiaires qui n'arrivent jamais à s'entendre sur un objectif commun. Déjà, le départ depuis A est impossible. On l'a déjà vu avec C. C'est la paralysie totale jusqu'à nos jours.

Que faire et par où commencer ?

Ces chers dirigeants politiques ne savent pas que faire et par où commencer. D'abord le temps n'est pas perçu de la même manière chez les trois acolytes. Ensuite, il existe trop d'absurdité dans la modélisation des plans de développement des deux points de vue logique et physique.

Si on lâche les trois faucons sur une même lignée de bonheur collectif âprement recherché par les Tunisiens, ils vont se retrouver, un peu plus tard, sur des points négatifs ou, au mieux, au point zéro, eu égard la vitesse supérieure de l'innovation en matière de bonheur qui n'attend pas les retardataires et les éternels malheureux. Même par superstition, on n'est pas égaux devant le bonheur.

Pour remettre d'aplomb le pays et ne plus tomber dans la nasse des comploteurs, il devient impératif de sauter les étapes intermédiaires et se diriger droit vers un objectif commun à court, moyen et long termes, à une vitesse qui peut être calculée scientifiquement. Reste à optimiser les moyens humains et matériels. Toute l'équation devrait être ramenée à l'essentiel.

Pourquoi ne pas exécuter en «temps masqué» plusieurs tâches à la fois en les cernant du début comme par la fin pour faire une jonction au milieu. C'est ce qu'on appelle de la dichotomie progressive.

Projets inachevés et expériences sans lendemain

Ce que nous planifions pour cinq ans est réalisable en une seule année si chacun combat la lenteur qui nous ronge et nous dévore. Marcher à pas de tortue avec une excessive lenteur coûte énormément cher à la communauté et ne rapporte rien. Sur un demi siècle d'indépendance, une trentaine d'années ont été dilapidées dans des projets inachevés ou des expériences sans lendemain.

Tous nos projets de développement sabrés par la corruption ne sont pas exécutés en temps opportun. Ils restent souvent en arrêt en attendant un budget complémentaire qui arrive ou qui n'arrive pas. Ils sont tous liés à la notion de l'infini actuel. C'est toujours aléatoire, tu ne sais pas quand ils commencent ou quand ils finissent. On attend toujours le coup d'envoi ou l'inauguration en grandes pompes par un ministre.

Ils ne vont pas trouver le «chemin critique» clairement défini à l'avance. Ils veulent dessiller les yeux des Tunisiens.

Le monde entier joue la comédie («mundus universus exercet histrionam»). Ils vont tourner en rond dans tous les sens sans jamais atteindre l'objectif final. En réalité, ils sont infiniment petits mais se croient déjà grands par l'onction des urnes. Seule la Tunisie restera grande, solide et prospère... Par ses petites gens.

* Economiste.

     

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