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Ghannouchi sur Nessma TV: Le chef islamiste avance masqué

17

décembre

2014

à 12:59

Rached-Ghannouchi-Nessma-Banniere

Le profil bas de Rached Ghannouchi dans son entretien d'hier soir, mardi 16 décembre 2014, sur Nessma TV, traduit le désarroi du mouvement islamiste Ennahdha.

Par Rachid Barnat

On a du mal à croire Rached Ghannouchi. Son discours sonne faux. Il dit aujourd'hui tout le contraire de ce qu'il disait et faisait durant les 3 années de pouvoir d'Ennahdha!

Le président du parti islamiste a beau citer par-ci par-là des passages de sourates ou des dires du prophète, son hypocrisie reste perceptible!

Il était une fois les islamistes...

Rappelez-vous l'arrogance et le triomphalisme des «Ikhwans» (les Frères musulmans) en 2011 quand ils sont rentrés en masse de leur exil doré londonien pour s'emparer de la révolution de la jeunesse tunisienne!
Rappelez-vous le fameux lapsus (?) de Hamadi Jebali annonçant l'avènement prochain du «VIe califat» !

Rappelez-vous l'exercice du pouvoir absolu par Ennahdha dominant ses propres alliés : Ettakattol et CpR !

Rappelez-vous le mépris des Nahdhaouis pour l'opposition et l'ensemble des démocrates progressistes!

Rappelez-vous la violence par laquelle ils voulaient imposer leur projet sociétal: agression contre le doyen de la Faculté des lettres de Manouba pour avoir empêché une étudiante de passer ses examens en niqab, attaque contre l'UGTT, campagne contre l'Etablissement de la télévision nationale, etc.!

Il faut dire qu'ils étaient euphoriques dans une période «faste», après avoir remporté les élections de l'Assemblée nationale constituante (ANC), soutenus à la fois par les Etats-Unis (EU) et l'Union européenne (UE) mais aussi par l'émir du Qatar, sa chaîne Al-Jazeera et surtout ses pétrodollars !!

Or, depuis la prise du pouvoir par les Frères musulmans en Tunisie comme en Egypte, les catastrophes se sont abattues sur ces deux pays... au point que les Égyptiens, par leur mouvement «Tamarrod» (rébellion) se sont débarrassés d'eux et les ont interdits. Ce qui a obligé leurs soutiens (UE et UE) à réviser leur position vis-à-vis de leur confrérie et le Qatar de changer d'émir.

Rappelez-vous alors les discours de Ghannouchi, qui a été jusqu'à renier ses «Frères musulmans» et nous jurer qu'Ennahdha ne fait pas partie de cette confrérie. Depuis son discours évolue en fonction du contexte international marqué par le rejet des Frères musulmans par de nombreux pays et en premier par l'Arabie saoudite. Et voilà qu'il «découvre» la démocratie et ses vertus, comme il «découvre» le patriotisme pour nous déclarer son amour pour la Tunisie et pour les Tunisiens... que ses sbires n'ont pas hésité à envoyer comme chair à canon en Syrie. Et ses lieutenants de «découvrir» des qualités à Béji Caïd Essebsi (BCE), qu'il n'y a pas si longtemps ils vilipendaient et tentaient d'exclure de la vie politique en instrumentalisant la constitution élaborée au gré des besoins de leur confrérie.

Il faut dire qu'ils pratiquent à outrance la «taqyya» (duplicité), quitte à dire une chose et son contraire toujours avec aplomb... puisque le mensonge est halal dès lors qu'il sert la confrérie.

La confrérie dans une impasse

Tout en Ghannouchi transpire le manque de sincérité et le mensonge... Il a beau enrober son discours de formules religieuses, il ne dupe plus grand monde : son histoire récente durant les 3 années de pouvoir a permis aux Tunisiens de découvrir qui sont les Frères musulmans auxquels certains donneraient naïvement le bon Dieu sans confession. Ses appels du pied à BCE, celui-ci devrait s'en méfier! D'ailleurs BCE commettrait une grave erreur morale vis-à-vis de ses électeurs dont beaucoup ont voté conte Ennahdha, s'il associait les Nahdhaouis au prochain gouvernement.

Je pense que peu de Tunisiens sont dupes de cette hypocrisie, mais réjouissons-nous cependant de ces déclarations qui peuvent apaiser les tensions et favoriser un peu plus les progressistes.

Nous ne ferons cependant pas l'économie d'une réflexion de fond sur ce parti religieux.

Il faut interpeller clairement Ghannouchi après ce genre de propos. Penses-t-il encore que son parti veut appliquer la charia dans la vie politique, et laquelle d'entre toutes les charia des 14 siècles derniers? Ou s'en tiendra-t-il à celle des deux premiers siècles de l'islam? Penses-t-il toujours que la religion est la solution?

Si oui, il faudrait le combattre car cela porte en soi les germes d'une dictature qui voudrait imposer aux Tunisiens un mode de vie et de pensée qui sont contraires à la liberté. Sinon que resterait-il de son parti? Pourquoi ne rejoindrait-il pas clairement le rang des démocrates?

On voit bien qu'il est dans une impasse et son discours hypocrite n'est que le reflet de cette situation. Il ne sert qu'à gagner du temps, le temps pour les Frères musulmans de mieux s'implanter dans la société tunisienne et pour leur organisation internationale de se refaire une santé et de sortir de la turbulence où l'a mise le peuple égyptien.

Méfiez vous de ce tricheur dans l'âme: son profil bas n'est que temporaire !

Blog de l'auteur. 

 

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